Fonds de tiroir

 Le premier monitorage national de la pauvreté en Suisse indique que 8,1 % de la population du pays vit en dessous du seuil de pauvreté, défini par le minimum vital. C'est une proportion stable depuis 2017, mais qui avait augmenté entre 2014 et 2017. Les per-sonnes sans activité professionnelle, les familles monoparentales, les couples avec plusieurs enfants, les personnes seules, les personnes peu qualifiées et les étrangers sont toujours les plus frappés. En revanche, ceux qui trouvent qu'on est trop généreux avec l'aide sociale sont toujours ceux qui en ont le moins besoin. Et ça aussi, c'est stable...

A G''nêêêêve, y'avait, comme d'hab, plein de monde, dimanche, dans les rues basses, la vieille-ville et à Saint-Gervais pour le cortège de l'Escalade. Toujours chouette, ce cortège. Mais on n'est pas sûr que celles et ceux qui regarde passer tambours, fifre, piquiers, hallebardiers, mousquetaires, cavaliers, syndics, pasteurs, bourreau, paysannes, Théodore de Bèze, la Mère Royaume, Dame Piaget et Tabazan, savent vraiment ce qu'on célèbre -mais c'est pas grave : l'odeur des torches et du vin chaud suffit. Quoique ça serait pas  mal qu'on sorte de la légende. Dans la «Tribune de Genève» de vendredi et de samedi, on apprend d'abord que contrairement à ce que narre l'histoire encore officielle de la bataille, il n'y avait pas de brouillard cette nuit là vu que la bise (noire) soufflait, ensuite que l'armée savoyarde ne comptait pas 3000, 4000 ou 5000 hommes comme on l'avait dit (pour obtenir un soutien de l'Angleterre, de la France, de Berne et de Zurich) mais moins de 1500, qu'elle ne comptait pas de mercenaires espagnols ou italiens (ils étaient restés à Annecy), et qu'en plus, après leur victoire sur les Savoyards (et les ligueurs catholiques français), les Genevois auraient commis des crimes de guerre. Pour la Ville fondatrice du droit humanitaire, qui a donné son nom à des Conventions qui définissent le droit de la guerre, ça la fout mal... L'Escalade a fait plus de 200 victimes : 18 morts et 24 blessés côté genevois (la ville-République n'a que 15'000 habitants), 70 morts et 120 blessés côtés savoyard, dans une armée de moins de 1500 hommes. Et 13 prisonniers savoyards (ou peut-être français papistes, la Savoie n'étant pas française à l'époque) exécutés après sans doute avoir été torturés alors qu'on leur avait promis la vie sauve. Ils ont été traités non comme des prisonniers de guerre mais comme des bandits de grand chemin, parce qu'aucune guerre n'avait été déclarée et que la population réclamait qu'on les traite le plus mal possible. Ils ont donc, après avoir été fait prisonniers, torturés puis condamnés à mort par le Petit Conseil (le gouvernement de la République), été pendus, laissés suspendus pendant quelques jours histoire de nourrir les corbeaux, puis détachés et décapités, leurs têtes placées sur des piques au pied des remparts et le reste de leur corps jetés dans le Rhône. Les têtes sont restées exposées pendant sept mois puis enterrées à l'emplacement actuel de la place Neuve (ou de Neuve, ou de la Porte-de-Neuve, comme vous voudrez...). Et pour couronner le tout, il s'avère (mais ça, on le savait déjà) qu'une bonne partie des défenseurs de Genève tués au combat étaient... que Cé qu'è lainô nous pardonne... des frontaliers, ou des Français venant de plus loin encore... Manquait plus que ça : déjà que la ville des Conventions de Genève s'est assise dessus deux siècles et demi avant leur signature, oualà qu'en plus elle a ignoré la préférence cantonale avant même d'être un canton. Mais que fait le MCG ? Ben, il chante le Cé qu'è lainô. Mais faux. Et seulement le premier couplet. C'est dommage, les couplets suivants sont souvent roboratifs, dans le genre gore. Y'a un public pour ça, pas seulement en Transylvanie, à Genève aussi...

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