Fonds de tiroir

 Le jour même où on apprenait que l'initiative de l'UDC pour une traversée de la rade avait échoué parce que 40% des signatures récoltées (sûrement par des étrangers...) n'étaient pas valables, deux partisans d'une traversée de la rade ou du (petit) lac plaidaient pour leur obsession dans les gazettes. Dans GHI, le président de l'associa-tion des transports routiers-section Genève, Andrea Genecand, déplore «l'absence d'engagement du Conseil d'Etat en faveur de la traversée du Lac» -du lac, pas de la rade, mais peu importe : ce qui importe, c'est de traverser. N'importe où, mais de traverser. Entre Clarens et le Bouveret, on serait même d'accord. 

Donc, le résultat de la deuxième sai-son des élections verniolanes a été suspendu au résultat d'une enquête sur la possibilité, crédible, d'une nouvelle fraude électorale (après celle qui avait conduit à l'annulation de la première saison). Sautant sur l'occasion comme une punaise de lit sur le dormeur, l'UDC a annoncé le lancement d'une initiative populaire pour abolir le droit de vote muni-cipal des étrangers établis dans le canton, ce qu'elle avait déjà proposé au Grand Conseil -qui l'avait refusé. Et comme cette deuxième tentative passe par une initiative cantonale, qui, si elle aboutit, sera soumise au vote populaire, les étrangers qu'elle vise ne pourront pas se prononcer. Un peu comme quand seuls les hommes pouvaient voter sur le droit de vote des femmes: on peut toujours compter sur l'UDC pour revenir en arrière dans l'histoire de la démocratie. Cela fait huit ans que les étrangers ont acquis à Genève le droit de vote municipal. Et aucun incident ne s'est produit depuis huit ans. Mais ça, l'UDC s'en fout. Et que ce ne soit pas le droit de vote des étrangers qui est en cause dans le feuilleton verniolan, mais le vote (des étrangers comme des Suisses) par correspondance, ça aussi, l'UDC s'en fout. Ce qui lui importe, c'est de remettre le métèque au coeur du débat politique. Et donc, elle va tenter d'utiliser le cas de Vernier pour faire avancer son initiative. Même si rien ne prouve que les auteurs des fraudes soient des étrangers. Quant aux bénéficiaires possibles de ces fraudes, ils sont forcément suisses et suissesses, puisque les étrangers, s'ils ont le droit de voter, n'ont pas celui d'élire, ni d'être candidat.e.s. En revanche, ils ont le droit de récolter des signatures pour une initiative de l'UDC qui propose de leur enlever le droit de vote. L'UDC nous explique-ra sûrement que c'est une mesure d'intégration qui pèsera dans leur naturalisation, puisque pour l'UDC, seule la naturalisation (qu'elle veut rendre plus difficile) permet une intégration réélle. Comme celle des animaux empaillés dans les musées. 

Drame à Genève: la Conseillère d'Etat Nathalie Fontanet et le syndicat SSP ne se parlaient plus. Enfin, soyons précis: la Conseillère d'Etat ne voulait plus parler au syn-dicat, parce qu'il avait «dépassé les bornes du dialogue social constructif» et ne voulait pas le reconnaître. Il avait fait quoi le syndicat ? il avait posté deux vidéos sur les rézos, où dans l'une la Conseillère d'Etat était in-terpellée par son prénom alors que dans une autre une autre Conseillère d'Etat (Anne Hiltpold) l'était avec son titre. Bon, ce qui s'impose donc, c'est que le gouvernement de la Parvulissime adopte et publie une étiquette officielle, à la Versaillaise, que chacun.e devrait respecter quand il ou elle s'adresse à l'u.e ou l'autre de nos magnifiques seigneur.e.s et syndic-que.s. Une étiquette épicène et inclu-sive, quand même, mais une étiquette obligatoire. Parce que, bon c'est pas parce qu'on est dans une République qu'on doit pas manifester à nos chef.fe.s tout le respect qui leur est dû. Et même un peu plus. 


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