Brèves de comptoir

 Source : SIT, 5.12) «Au Musée d’art et d’histoire : une nettoyeuse a été  jetée comme un kleenex et plongée dans un état de détresse profond pour avoir voulu porter assistance à un enfant en grande souffrance», dénonce le syndicat SIT. Rosa travaillait depuis deux ans comme nettoyeuse pour le Musée d’art et d’histoire (MAH) à l’entière satisfaction de son employeur privé (l'internalisation progressive du personnel de nettoyage des locaux de la Ville dans la fonction publique n'ayant pas encore touché le MAH) , mais également du personnel du MAH, et de la direction du musée elle-même, qui loue son engagement, ses compétences profession-nelles et ses qualités humaines. Or en septembre dernier, après la remise au concours de nettoyages de locaux de la Ville, l’entreprise qui employait Rosa a perdu son contrat au Musée, et c'est l'entreprise LGE (la Genevoise d'entretien) qui l'a récupéré, en réengageant une partie du personnel, dont Rosa. Mais le 25 octobre, son fils tente de suicider, et se retrouve à réanimation à l'hôpital. Sa mère veut être à son chevet, et demande, avec le soutien de son thérapeute (elle est atteinte d'une maladie chronique, ne l'empêchant pas de travailler mais nécessitant des soins), à pouvoir prendre un congé de deux jours à son employeur. Ce dernier les lui refuse au prétexte que son solde de vacances est insuffisant. Elle fournit donc, sur les conseils de son médecin et comme le prévoit la loi, un arrêt de travail à sa direction pour deux jours afin de se rendre enfin au chevet de son fils. Mais quand elle revient au travail, elle apprend que son employeur l'a licenciée au motif fallacieux de restructuration -motif fallacieux puisque l'entreprise l'a remplacée peu de temps après. Le SIT et le personnel du MAH, dont la direction, se mobilisent à ses côtés pour exiger sa réintégration, mais dans un premier temps l'employeur LGE refuse, en violation des  règles d’attribution des marchés publics et e  son devoir de protection de la santé et de la personnalité de son personnel, toutes les propositions syndicales en ce sens. Face à quoi le syndicat décide de rendre le scandale public, pour rétablir les droits de Rosa et révoquer le contrat de LGE SA, «car il est hors de question que les deniers publics servent à de telles pratiques !». En effet, même quand le personnel de nettoyage d'un local public (le MAH, en l'occurrence) ne fait pas (encore) partie du personnel municipal mais de celui d'une entreprise privée, c'est bien la Ville qui paie cette entreprise pour qu'elle fasse faire à son propre personnel un travail pour la Ville... Finalement, la publicité donnée à ce maltraitement de Rosa a poussé l'entreprise à la réengager. Mais ce n'est que partie remise, parce que ce que le calvaire de Rosa met en lumière, c'est bien la nécessité de poursuivre , et même d'accélérer l'internalisation dans la fonction publique du personnel qui travaille pour la collectivité publique. Une internalisation votée par le Conseil municipal (alors à majorité de gauche), au grand dam de la droite, et prudemment, trop prudemment, mise en œuvre par le Conseil administratif. Reste donc à accélérer l'internalisation du nettoyage des locaux de la Ville, et dans l'immédiat faire engager Rosa, comme nettoyeuse, par la Ville de Genève. Et révoquer, comme le demande le syndicat, le contrat passé avec une entreprise privée qui ne donne comme justification de la licencier qu'il faut «distinguer les problèmes privés des problèmes professionnels»... et enfin, faire nettoyer le MAH par des salariés de la Ville, pas par des sous-traitants aux pratiques méprisables.

D'entre les feuilletons politiques qu'on s'astreint à suivre, il y a celui des F-35, ces avions amerloques que le Conseil fédéral a décidé d'acheter parce qu'il a cru ceux qui lui disaient que c'étaient les meilleurs navions de combat du monde et pour lesquels le bon peuple, mêmement abusé, a voté un crédit de six milliards. Dont il s'avère qu'il ne sera pas suffisant pour acheter tous les navions que la Suisse voulait acheter. Donc, aujourd'hui, le Conseil fédéral envisage de n'en acheter que trente. Ouais, ben c'est encore trente de trop.


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