Fonds de tiroir
Lundi, l'Association des Jeux Olym-piques et paralympiques d'hiver 2038, qui milite pour qu'ils aient lieu en Suisse, en a présenté les sites potentiels. Dont un à Crans-Montana. C'est ce qui s'appelle avoir le sens du timing... renforcé par l'affirmation assez aventureuse du directeur général du projet, Frédéric Favre: «Les JO 2038 seront gérés comme une entreprise privée, ce qui est un gage de sécurité». Quand on vous disait que le temps du deuil passé, la vie allait reprendre... Le Comité international olympique n'a pas encore pris de décision formelle sur l'attribution de ces JO d'hiver de dans douze ans, mais il a donné une exclusivité à la Suisse pour présenter un projet. Autrement dit, il ne discu-tera avec aucun autre pays, ni aucun autre site, jusqu'en 2027. Quant aux partisans suisses de l'accueil de la fête à neuneu dans le neige et sur la glace, ils ont décidé de contourner les com-munes et les cantons pour palier au risque, patent, de référendum contre des dépenses publiques votées par les parlements cantonaux ou muni-cipaux. Le projet sera donc national, réparti dans les quatre régions linguistiques, dix cantons, quatorze villes, utilisera des infrastructures existantes, et sera financé en grande majorité (à 82 %) par des privés, sans garantie publique de déficit. Et comme le risque de référendum mu-nicipal ou cantonal n'est pas tota-lement écarté, au cas où de mauvais coucheurs en lanceraient, on dépla-cera les épreuves (et leur coût) dans une autre localité ou un autre canton. Oualà ousqu'on en est. Bon, en même temps, en 2038, on aura 86 ans, alors, les JO d'hiver, si on est encore vivant, on s'en battra les flancs avec notre déambulateur...
Dès la catastrophe de Crans-Montana connue, le mécanisme de protection civile de l'Union Européenne a été activé alors que la Suisse n'y est même pas associée. Une vingtaine de pays ont offert leurs services, 48 grands brûlés (dont 18 Suisses) ont été évacués vers la Belgique, la France, l'Italie, ou l' Allemagne, ce qui a soulagé les hôpitaux suisses, en leur permettant d'assurer des soins à tous les autres patients. Des moyens de transports ont été mis à disposition par la France, l'Italie, la Belgique, la Roumanie, ainsi qu'une équipe médicale française. La France a accueilli à elle seule 19 blessés. Présente à la cérémonie d'hommage à Martigny, aux côtés (entre autres) des présidents français et italien, Emmanuel Macron et Sergio Matarella, du Grand-Duc du Luxembourg et du Commissaire euro-péen à la gestion de crise, la présidente du parlement européen, Roberta Metsola, a assuré la Suisse que l'Union Européenne était à ses côtés. On n'a pas entendu l'UDC dénoncer cette odieuse ingérence européenne dans la souveraineté suisse de gestion des ca-tastrophes. On n'a sans doute pas bien écouté. Faut dire que la Suisse sortait de six mois de guerre douanière avec les Etats-Unis, et qu'elle avait peut-être oublié sa propre géographie : elle est au coeur de l'Europe, la France et l'Italie sont voisines de Crans-Montana. Et ont sauvé des vies suisses...
Selon un sondage Tamedia sur les voyages en avion, la moitié de 13'550 personnes interrogées ayant le droit de vote indiquaient avoir l'intention de prendre l'avion pour partir en va-cances, et que la plupart d'entre elles le feront sans honte, sans «flygskam» (en suédois dans le texte), cette mauvaise conscience de prendre l'avion malgré l'urgence climatique. 60 % des sondés pensent que les personnes qui partent en vacances en avion n'ont aucune raison d'avoir mauvaise conscience. Ce sont les personnes de plus de 64 ans qui sont les plus sensibles (à 54 %) à la contradiction du voyage en avion et de l'urgence climatique, et les personnes de moins de 35 ans qui sont les plus nombreuses (59 %) à annoncer qu'elles partiront en vacances en avion. Bon, les djeuns, c'est leur avenir qu'ils bousillent au nom de leur présent, ce sont eux qui en prendront plein la gueule quand il fera 50° en été, pas nous, on sera morts avant...


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