Brèves de comptoir
L'UDC genevoise n'en démord pas : il faut interdire le burkini dans les piscines du canton, ou, à défaut, punir d'une amende celles qui en portent. Si on en trouve, parce que pour l'instant, cette tenue de bain couvrante n'est pas portée dans les piscines genevoises, même celles qui, comme en Ville de Genève, autorisent toutes les tenues de bain (donc aussi le burkini, si on considère que c'est une tenue de bain, et le monokini). En fait, le burkini, à Genève, il n'est présent que dans la tête des udécistes. Le parti avait lancé un référendum contre l'autorisation générale donnée par la Ville de Genève de pouvoir porter dans ses piscines n'importe quelle tenue de bain pourvu qu'on en porte une (ce qui exclut la nudité), mais il s'était lamentablement planté dans la récolte de signatures. Et depuis, il n'arrête pas de vouloir que le canton impose ses obsessions aux communes. Une première tentative au Grand Conseil, il y a un an, s'était aussi plantée, une partie de la droite avait voté, par respect de l'autonomie communale (les piscines, en effet, sont municipales) contre l'interdiction cantonale du burkini. L'UDC remet donc le couvert, avec cette fois le soutien du PLR et du MCG, mais pas celui du Centre, ni celui de LJS. Elle demande désormais que «le port d'un vêtement de type burkini» dans les piscines publiques soit pénalisé, et amendé. Sauf qu'«un vêtement de type burkini», ça ne veut rien dire. D'abord parce que «burkini», c'est une marque déposée, pas un type de vêtement. Ensuite, parce que l'UDC ne donne aucune définition de ce soi-disant «type»: est-ce la tenue de bain que portaient nos grands-mères ou nos arrières grand-mères au début du siècle dernier ? Est-ce autre chose ? Du coup, le PLR a proposé un amendement, presque aussi idiot que la proposition initiale, mais qui n'évoque plus le burkini : «le port du maillot est obligatoire. Le port de vêtements longs ou courts marquant une différence culturelle ou religieuse est interdit». Il suffira donc à quelqu'une qui voudrait porter un burkini de dire qu'elle ne le porte pas pour «marquer une différence», mais simplement parce qu'elle se sent bien dedans. Et on souhaite bien du plaisir aux juristes pour préciser ce qu'est une «différence culturelle ou religieuse»... De toute façon, si la loi proposée par l'UDC, le PLR et le MCG devait être acceptée, elle a tous les risques d'être annulée en cas de recours. Et d'être inapplicable si elle n'était pas annulée. Et même si elle était appliquée, on fait quoi si jamais on tombe sur une personne qui porte un burkini dans une piscine ? On l'arrête ? On lui colle une amende ? Et si elle ne la paie pas, l'amende, on la met aux poursuites, on l'envoie en prison (si on lui trouve une place ?). Bon, on arrête là avec ce débat à la con qu'on avait contribué à trancher en Ville de Genève. Et on renonce à faire sortir le burkini de la tête de l'UDC, du PLR et du MCG où il a pris racine...
La NZZ nous apprend qu'au Conseil national les écarts d'élus avec la ligne des partis sont rares. Ouais, ben c'est dommage, vu la majorité de droite qui sévit dans cette Chambre. Bon, y'a quelques nuances, il arrive un peu plus souvent aux élu.e.s du Centre de voter avec la gauche, mais ça casse pas trois pattes à un canard. C'est à gau-che que les divergences sont les plus rares: être minoritaires, ça soude les rangs. A l'inverse, c'est à l'UDC, au PLR et au Centre qu'il y a le plus de divergences et là, c'est le fait pour la droite d'être largement majoritaire qui permet à quelques un.e.s des sien.ne.s d'aller folâtrer hors du sillon du parti. Encore un effort pour être libres, les gars et les garces...


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