On change d'année, pas de monde...

 

On a les rois mages qu'on mérite...

Voilà, c'est fait, on a changé de millésime, on est en 2026 (dans le calendrier grégorien). Mais on n'a pas pour autant changé de monde. On est toujours dans celui de Trump, Poutine, Xi, Kim, Millei, Meloni, Netanyahou Dans la guerre des taxes, la guerre des gangs (le gang Trump a mis la main sur le chef du gang Maduro), la guerre des frontières (en Ukraine), l'épuration ethnique (en Cisjordanie), les guerres culturelles...  De tout cela, on va vous reparler, histoire de bien vous faire comprendre que l'année qui s'ouvre ressemble à celle qu'on a quittée comme un virus mutant au virus originel  . Bonne année, donc. Mais laquelle ? Et en accueillant quels rois mages demain? Donald, Vladimir et Jiping ? On aura en tout cas ceux qu'on mérite...


C'est du peuple du Venezuela qu'il faut être solidaire, pas de Maduro

L'année2026 s'est ouverte sur une scène de (mauvais) western : l'enlèvement d'un chef d'Etat et de son épouse par les forces armées et policières d'un autre Etat aux ordres d'un président se prenant pour un shérif. Lequel shérif a pris un plaisir fou à regarder l'opération comme un film à la télé. Trump a en outre menacé le Venezuela d'une nouvelle attaque si l'entourage de Maduro ne quittait pas le pouvoir -mais c'est bien la vice-présidente du président enlevé,  Delcy Rodriguez, qui assumera son interim. Et surtout, le but de l'opération, au delà du prétexte hypocrite de "guerre contre la drogue", il s'agit bien d'une opération de changement de régime au Venezuela. Et d'un changement à forts remugles de pétrole. Trump ne se cache même pas d'avoir pour principal objectif de faire main basse sur les réserves pétrolières vénézuélienne (les plus importantes aux mondes) et de les remettre aux compagnies pétrolières américaines. Ne serait-ce que parce que la Chine est le principal importateur de pétrole vénézuélien, qu'elle a le toupet de ne même pas le payer en dollars mais en yuans, et qu'elle est en quelques années devenue le principal partenaire commercial de la plupart des pays d'Amérique latine, que depuis Monroe, les Etats-Unis considèrent comme leur arrière-cour, dont il entendent bien faire ce qu'ils veulent. Or à défaut de culture, Trump a des réflexes. De vieux réflexes, qui sont ceux des Etats-Unis depuis qu'ils existent : des réflexes expansionnistes. Et, depuis un siècle et demi une obsession : contrôler toute l'Amérique -ou plutôt, toutes les Amériques, celle du nord comme celle du sud. Et pour les contrôler, y installer des hommes (ou des femmes) liges (des "salauds" peut-être, mais "nos salauds"), et des régimes à leur botte, capables d'écraser toute opposition, toute contestation (exactement, en fait, ce qu'ils feignent de reprocher à Maduro). Les USA ont certainement un nouveau Somoza en réserve pour le Nicaragua et un nouveau Batista pour Cuba. 

Alors certes, on est avec l'opération trumpienne sur Caracas dans une violation manifeste du droit international et de la Charte des Nations Unies, mais du droit international et de la Charte des Natios Unies, Trump se contrefout. Et qu'il donne une justification à d'autres pour agir comme il vient de le faire, il s'en contrefout aussi -sauf sans doute si ce devait être la Chine qui s'y livrait sur Taïwan (qui est toujours, soit dit en passant, considérée en droit international comme un territoire chinois...).  Après tout, Poutine n'avait pas agi autrement que Trump au Venezuela il y a deux ans en agressant l'Ukraine.  

On pourrait se rassurer en se disant que Trump est vieux, qu'il ne pourra pas se représenter (du moins légalement) et que dans trois ans, on en aura fini avec lui. Sauf qu'après lui, il n'y a pas le déluge, il y a peut-être aux Etats-Unis encore pire que lui, ou au moins aussi nuisible. A commencer par son vice-président, J.-D. Vance, catho intégriste et suprématiste "blanc". Vance a une idéologie, Trump n'en a pas, ou alors il a celle de Max Stirner (dont il n'a sans doute jamais entendu parler): "pour moi, il n'y a rien au-dessus de moi", tout ce que j'ai envie de faire, j'ai le droit de le faire, ou de tenter de le faire. Le droit international, les principes de la démocratie, les libertés fondamentales ? rien à foutre. Ce qui compte, c'est le rapport de force. Et on peut donc être fort avec les faibles, et pétochard face aux forts. S'en prendre à Maduro, ou au Groenland, ou à la Suisse, et peut-être bientôt à Cuba et au Nicaragua, mais se bien garder de fâcher la Russie ou la Chine.

Le gouvernement vénézuélien a dénoncé une attaque dont l'objectif " n'est autre que de s'emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais, en tentant de briser par la force l'indépendance politique de la nation". C'est en effet ce qu'il convient d'en dire. Pour autant, on ne va pas pleurer sur le sort de Maduro :  c'est pour le peuple du Venezuela qu'il nous faut nous inquiéter, c'est de lui qu'il faut être solidaire. 

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