Brèves de comptoir

 A la COP 30 de Bélem, au Brésil, en novembre dernier, la délégation suisse comprenait un cadre du producteur de pesticide Syngenta et un représentant du syndicat patro-nal USAM, opposé par principe à tout engagement supplémentaire de la Suisse contre le déréglement climatique. Public Eeye rappelle que Syngenta «écoule en masse des produits bannis en Suisse et dans l'Union européenne parce qu'ils polluent l'eau, déciment les abeilles et empoisonnent celles et ceux qui les manipulent». Quant à l'USAM, elle s'oppose à l'objectif d'en revenir d'ici 2050 à zéro net émissions CO2 (pas plus d'émissions que de captations) et s'était opposée victo-rieusement, comme le demandaient deux de ses composantes (Avernegy et Swissoil) défendant les intérêts des importateurs et négociants en combustibles) à la loi CO2 en 2021. Y'a pas à dire, on est bien défendus. Et Alliance Sud rappelle que si la Suisse a permis de réduire un peu ses émissions de CO2 à l'intérieur du pays, c'est en utilisant les certificats d'émissions carbone -autrement dit, les permis de polluer à l'étranger. Y'en a point comme nous. Mais seulement chez nous.

Un «dysfonctionnement technique» qui a touché le nouveau système fédéral de paiement des caisses chômages a privé des milliers per-sonnes de leurs indemnités pendant des semaines: 363 millions de francs n'ont pas été versés à temps aux chômeurs, les empêchant de respecter les échéances de paiements de leurs loyers et de leurs factures et les contraignant souvent à spolliciter une aide sociale. Le nouveau système a été introduit le 6 janvier par le Secré-tariat d'Etat à l'économie (SECO). Il a foiré presque tout de suite. Le SECO qui a piloté la migration d'un système informatique à un autre, et est accusé d'«incurie» par les syndicats, dit que c'est pas de sa faute, que c'est un impondérable. Les départements can-tonaux de l'emploi et les caisses, qui gèrent les effets de cette migration et de ses cafouillages sur le terrain, disent que c'est pas de leur faute puisque c'est le SECO qui est responsable de cette migration. Alors, qui est responsable de cette foirade? Personne. Ou alors, les chômeurs eux-mêmes (ils sont 12'700 à Genève) ? Bon sang, mais c'est bien sûr: si y'avait pas de chômeurs, on n'aurait pas à les indemniser. Et on n'aurait donc pas à gérer un système national de paie-ments aux caisses, qui n'auraient pas à gérer le versement des indemnités. Salauds de pauvres.

Pourquoi la Régie Naef veut-elle mettre tous les locataires des 35-43 Carl-Vogt dehors ? par méchanceté ? Ben non, elle est pas méchante, la régie. Mais c'est une régie immobilière, et une régie immobilière, quand elle n'est pas une régie publique, ça fonctionne au profit. La régie Naef veut virer les locataires pour maximiser le profit une fois les travaux qu'elle veut y faire) terminés et y faire à Genève ce qui a été fait à Berne ou Zurich où des quartiers entiers ont été vidés de leurs anciens habitants. Notez bien que le cas du Bd Carl-Vogt, la pratique de Naef et le souci du propriétaire de rentabiliser son investissement ne sont pas isolés à Genève : les habitants du Carré Servette (rues de la Servette, Lilas et Carteret) en savent quelque chose: leur propriétaire, l'UBS, veut démolir ou rénover leurs sept im-meubles et relouer 170 appartements (et en créer une centaine d'autres). Relouer plus cher, bien entendu. A des locataires plus friqués. 


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