Brèves de comptoir
Presque au même moment que celui de l'annonce par le gouvernement du canton de Genève qu'il allait couper dans des prestations sociales et présenter un nouveau programme d'économies, alors même que ses comptes 2025 présentaient un bon d'une cinquantaine de millions au lieu d'un déficit de 256 millions, le gouvernement de la Ville présentait son projet de législature 2025-2026 : consolider les prestations, créer de nouvelles places de crèches, rénover son parc immobilier, accroître la capacité d’hébergement d'urgence, poursuivre la végétalisation de l'espace urbain (et on en passe). La coïncidence des annonces cantonales et municipales est cruelle, mais on vous laisse estimer pour qui...
A l'origine de la réforme fiscale instituant l'imposition indivi-duelle, il y a une initiative des Femmes PLR. Mais la ministre cantonale PLR des Finances ge-nevoises, Nathalie Fontanet, appelle quand même à voter le 8 mars contre le projet concrétisant l'ini-tiative des ses copines. C'est pas qu'elle soit contre l'imposition indi-viduelle, Nathalie Fontanet. Mais elles est contre le projet parce qu'il ne laisse pas assez de temps aux cantons pour le mettre en oeuvre, et qu'il faudra engager du personnel pour le mettre en oeuvre. Le PLR du canton de Zoug aussi, est contre l'imposition individuelle. C'est le problème du PLR, avec les grands principes : tant qu'ils restent planer dans le ciel des grands principes, ils ne gênent personne. Même pas le PLR. Mais quand on veut les faire redescendre sur terre, c'est jamais le moment, ou alors jamais la bonne méthode, ou alors ça coûte des sous.
La deuxième élection du Conseil mu-nicipal de Vernier a été validée par la Chambre constitutionnelle genevoise, saisie de recours déposée par des citoyens et des militants qui n’ac-ceptaient pas que le Conseil d'Etat en ait entériné les résultats alors même que la Chancellerie avait identifié des bulletins suspects. Le Conseil d'Etat justifiait sa décision en expliquant, eu substance, que la commune avait plus besoin d'un Conseil municipal que d'une élection insoupçonnable. Les recourants, eux, évoquaient des dé-marchages agressifs au porte-à-porte et dénonçaient l'absence de comparai-sons graphologiques entre les bulletins douteux de la deuxième élection et ceux de la première, annulée pour fraude. Ce à quoi le Conseil d'Etat et la Chambre répondent que s'il y a bien eu des votes multiples, ils étaient moins multiples la seconde fois (189 bulletins rédigés par 79 personnes) que la première, où jusqu'à 89 bulletins avaient été remplis par une seule personne. Et que donc, le vote mul-tiple du second acte a pu s'effectuer dans un cadre familial ou amical, pas dans celui d'une fraude organisée. Sauf que selon une enquête de la «Tribune de Genève», la méthode de la fraude a changé : au lieu d'ajouter, comme au printemps dernier, les candidats qui plaisent sur les bulletins d'autres partis que le leur pour les faire passer en tête de leur liste, à l'automne on a biffé les candidats qui ne plaisent pas pour les faire passer derrière les candidats qui plaisent. Ce qui a l'avantage de désarmer les vé-rifications graphologiques (allez com-parer des traits de biffage...). Bon, le feuilleton n'est pas terminé (ça serait dommage), puisque le volet pénal se poursuit et que les recourants déboutés par la Chambre constitutionnelle envisagent de faire recours au Tribunal fédéral, le socialiste Thibaud Jotterand estimant que ne pas reconnaître une fraude alors même que la Chancellerie a identifié des manoeuvres frauduleuses envoyait «un message dangereux pour le démocratie». Ben pourquoi ? Au fond, c'est juste un retour aux sources de la démocratie avant l'apparition de l'Etat : la tribu.


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