Fonds de tiroir

 Y'a pas qu'à Crans-Montana qu'on déconne dans des boîtes de nuit, voire des salles de bistrots, avec des bougies «scintillantes» ou des feux de Bengale. A Genève aussi (pour ne citer qu'elle). Mais au moins, les cantons de Vaud, du Valais et de Genève ont interdit ces gadgets à la con, du moins dans des endroits festifs après le drame de Crans-Montana. Mais pas (ou pas encore) Fribourg. Et même quand elles sont interdite dans les établissements comme le Constellation de Crans-Montana, elles restent, sauf erreur, en vente libre. Mardi dernier, la «Tri-bune de Genève» relatait que «plu-sieurs discothèques et établissements publics à Genève ont été épinglés ces dix dernières années pour des manquements parfois graves à la sécurité incendie». Et que sept fer-metures temporaires ont été pronon-cées en huit ans (2018-2025) Le papier de la «Julie» multiplie les exemples, sur une pleine page (faut bien ça) . Ici, comme on n'a pas la place, on va ré-sumer ce que les contrôleurs ont trouvé : des matériaux et décorations combustibles au plafond (comme à Crans-Montana), des issues de secours obstruées, avec des portes qui ne s'ouvrent pas ou des éclairages défectueux, des mobiliers non ignifugés, des signalétiques de sortie d'urgence absentes, des systèmes de désenfumage absents.... La «Tribune» note que «les demandes de sécurisation ont été souvent ignorées malgré plu-sieurs relances de l'Etat», que des lieux ont été rappelés à l'ordre sans qu'aucune sanction soit délivrée... On va finir par regretter les salons de thé du début du siècle dernier... 

D'aucuns considèrent qu'en ré-siliant les baux de plus d'une centaine de locataires des 35-43 Carl-Vogt, à Genève, la Régie Naef a perdu la boussole éthique -ce qui suppose qu'elle en avait une. Peut-être, mais en tous cas, elle n'a pas perdu le sens des affaires: elle an-nonce déjà deux appartements va-cants, à louer, avec des baux non-renouvelables, échoyant le 30 avril 2027. Et des loyers qui ont pris l'ascenseur: 2410 francs pour un appartement de 66 m2 au quat-rième étage, 2775 francs pour un appartement de 59 m2 au premier étage, alors que les loyers actuels pour des appartements comparables vont de 400 à 2100 francs, selon  la date de conclusion du bail initial. Et que selon l'Office cantonal de la statistique, dans le quartier de Plainpalais-Jonction, le loyer mé-dian pour un trois pièces oui trois pièces et demi est de 1440 francs, charges non comprises. Comme quoi, on peut perdre sa boussole éthique (si on en avait une) sans perdre le nord financier.

Le Groenland regorge de ressources précieuses. Des terres rares, du gaz, du pétrole, des minerais de fer, de zinc, de plomb, d'uranium. Et de l'or. Et Trump aime tout ça. Et voudrait bien mettre la main dessus, en piétinant le droit international, le pacte atlantique, les alliances... Ce à quoi on n'a pas entendu la Suisse réagir autrement que par des palinodies. Faut dire qu'elle en tire profit, des ressources minières du Groenland : elle raffine une partie (200 kilos en 2025)  de l'or de la mine de Nalunaq, et exporte aux Etats-Unis des centaines de tonnes d'or (550 tonnes en 2025) pour une valeur de 46 milliards de francs, au moins. C'est l'entreprise Metalor qui s'en charge. Elle peut raffiner 800 tonnes d'or par an. Et l'action de Metalor a bondi en bourse depuis que Trump a revendiqué le Groenland. Alors, hein, on va pas fâcher un si bon client, dont les rodomontades font grimper les actions de nos entreprises... 

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