Fonds de tiroir
Sans surprise, la Chambre genevoise immobilière appelle «fermement à voter NON» à l'initiative pour un fonds climat, accusée de ne proposer qu'«une dilapidation invrai-semblable de fonds publics tous azimuts, en particulier au bénéfice d'entités étatiques ou subven-tionnées». Evidemment, si c'était au bénéfice d'entités privées, ça susciterait moins d'aigreurs du lobby immobilier genevoise -qui ne manque pas d’agiter le spectre de «hausses fiscales massives» et de l'en-dettement (c'est comme l'Aromat Knorr, ça va pour tout), cette philippique s'accompagnant de l’inévitable protestation environne-mentale de mise : «La protection du climat est essentielle» et le «secteur immobilier est particulièrement actif dans ce domaine». Ouais, comme peuvent s'en rendre compte les locataires du 35 au 43 Bd Carl-Vogt à Genève.
Dans le scandale de la résiliation par leur régie des baux de tous les locataires, habitants ou com-merçants, des 35-43 Bd Carl-Vogt, le Conseiller d'Etat Nicolas Walder a choisi son camp, le même que celui de la Conseillère admi-nistrative (mais ils ne peuvent combattre qu'avec les armes que le droit en vigueur leur accorde), celui des locataires : «les résiliations de baux sont socialement inacceptables et ne se justifient aucunement dans le cadre de Carl-Vogt», où les rénovations évoquées par la régie Naef comme motif des résiliations cachent, selon l'Asloca, une opéra-tion spéculative dont le but est d'autoriser à terme des loyers considérablement plus élevés que les actuels, Nicolas Walder et Marjorie de Chastonay préconisent des solutions alternatives au départ des locataires. Une fois la demande d'autorisation de construire dépo-sée, le canton pourra poser ses exigences, par exemple celle de maintenir les locataires dans leurs logements pendant les travaux, ou d'effectuer ceux-ci par rocades, comme la Ville de Genève le fait dans de grosses opérations de rénovation. La régie commence à sentir le vent du boulet après le raffut médiatique fait par sa ten-tative de vider les trois immeubles de leurs occupants et commerçants : elle a ainsi suggéré que certains des locataires qu'elle veut voir partir devraient bénéficier de nouveaux logements subventionnés -ce que la Ville, dont la gérance a 5000 demandes de logements subven-tionnés en attente, a dénoncé comme une «tentative de transférer à la collectivité publique des obligations sociales» qui incombent aux propriétaires et aux régies. Utile rappel, même si jusqu'à présent il semble être lourdement tombé dans les oreilles d'une sourde. Mais bon, en gueulant plus fort, ça pourrait être entendu. Ou alors, on devrait bien pouvoir trouver dans un musée de la Ville un vieux cornet acoustique utilisable, non ?
Une semaine avant noël, le Conseil municipal du Grand Saconnex et la section communale des Verts ont reçu un cadeau: la démission de la Conseillère municipale élue au prin-temps mais mise en détention pro-visoire sur le soupçon d'être impliquée dans un réseau de trafic de stu-péfiants. Y'a des cadeaux qui ne se refusent pas, surtout quand, comme celui-là, on les a lourdement sollicités. Et que le siège de l'élue restait vide, puisqu'elle était en zonzon, ce qui avait perdre à la gauche la majorité au Conseil municipal. Merci camarade Père Noël.


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