Fonds de tiroir
Sur 80 chercheurs en Suisse ayant participé à une enquête de Swissinfo portant sur l'état du climat, 95 % disent avoir perdu espoir que l'objectif de l'accord de Paris, limi-ter le réchauffement climatique mondial à 1,5°C, puisse être atteint -un pessimisme partagé par le Secrétaire général de l'ONU. Les chercheurs et chercheuses inter-rogé.e.s, dont les deux tiers estiment que le réchauffement progresse plus vite que prévu, l'estiment à 2,5°C d'ici la fin du siècle. En 2024, il a été de 1,55°C par rapport aux niveaux préindustriels. Et la Suisse se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, et pourrait connaître d'ici 2100 une hausse de 4 à 4,5°C. Ce qui ferait purement et simplement disparaître 90 % des glaciers, avec des conséquences considérables sur le débit des cours d'eau et les réserves d'eau, dont les lacs. Dans les grandes villes de la plaine, les températures pourraient dépasser les 40°C l'été. La santé humaine, les infrastructures, la productivité agricole et les éco-systèmes souffriront grandement. Et on aura bien plus souvent affaire à des glissements de terrain, des avalanches, des effondrements de glaciers, des inondations et des sécheresses. Tout ça devrait rassurer l'UDC: la Suisse à dix millions d'habitants, même si on devait y arriver dans quelques années, on y sera plus, et de loin dans 75 ans. S'il en reste trois millions, transpirants dans des EMS surchauffés, on devra s'estimer heureux. Quant à nous, on s'en fout, on sera morts et incinérés. Mais on aura quand même pu voter dans un mois pour un «fonds climat». Comme sans doute les chercheurs interrogés par Swissinfo, dont 80 % considèrent que la Suisse devrait montrer l'exemple en ma-tière d'action climatique, compte tenu de sa richesse et de sa production de CO2... Quant à s'attendre à ce qu'elle le fasse... disons qu'on devra faire plus appel à l'optimisme de notre volonté qu'au pessimisme de notre raison...
Faut plus dire du mal de la régie Naef : bien sûr, elle veut résilier les baux de plus d'une centaine de locataires du bd Carl-Vogt (57 logements, 12 commerces) pour pou-voir faire des travaux (qu'elle pourrait faire en maintenant les baux, mais on va pas chipoter sur des détails) qui permettront de louer bien plus cher les appartements et les commerces. Mais faut pas croire: elle se soucie des locataires qu'elle veut virer, la régie, elle assure qu'elle ressent une «obligation morale» de les accompagner (vers la sortie ?), elle est d'accord qu'ils restent chez eux jusqu'à ce qu'elle ait obtenu du canton l'autorisation de construire nécessaire aux travaux et elle veut travailler avec le canton et la Ville pour les reloger dans des logements subventionnés à loyers plafonnés. Alors bon, des logements subven-tionnés libres, ou neufs et pas encore attribués, y'en en moins que de gens qui y auraient droit et ont déposé une demande pour en avoir, mais c'est un détail. Et si on en manque, c'est pas de sa faute, à la régie, c'est la faute du canton et de la Ville qui n'en construisent pas assez. Et c'est pas de sa faute non plus, à la régie, s'il lui faut virer les locataires en place pour en mettre d'autres plus friqués et leur faire payer des loyers que les locataires modestes ne pour-raient pas payer. Finalement, la régie, c'est une victime des loca-taires, de l'Asloca, des lois qui pro-tègent les locataires et des politiciens qui veulent appliquer ces lois. Et si vous n'en êtes pas convaincus, c'est soit que vous n'êtes qu'une bande de gauchistes sectaires, soit qu'on vous a mal expliqué la situation. Oualà.


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