Vers une initiative populaire citoyenne contre la poursuite de l'acquisition du F-35A

Parole au peuple !

D'entre les feuilletons politiques qu'on s'astreint à suivre, il y a celui des F-35A, ces avions amerloques que le Conseil fédéral a décidé d'acheter parce qu'il a cru ceux qui lui disaient que c'étaient les meilleurs navions de combat du monde, que c'était d'eux dont la Suisse avait besoin et pour lesquels le bon peuple, de même abusé, a voté pour les acheter un crédit de six milliards. Dont il s'avère qu'il ne sera pas suffisant pour acheter tous les navions que la Suisse voulait acheter. Donc, aujourd'hui, le Conseil fédéral envisage de n'en acheter que trente. C'est encore trente de trop, vu les doutes sur la sincérité du processus de sélection entre les avionneurs, l'explosion des coûts, les interprétations contradictoires du contrat d'achat, l'imprévisibilité de Trump, les faiblesses de l'avion lui-même, l'absence de fiabilité des livraisons américaines de matériel militaire et le fait que même achetés par la Suisse, les F-35A resteront sous surveillance constante des USA, ce qui ne ferait de notre glorieuse aviation militaire une supplétive de celle des Etats.-Unis... Du côté de l'armée, de toute façon, c'est pas une trentaine de nouveaux avions de combat qu'on voudrait, mais au moins 55, et jusqu'à 70. Il faudrait donc en acheter au moins 25 de plus. Mais pas des F-35A, ajoute-t-on désormais, plutôt des européens, comme vient de le faire l'Autriche (qui a acheté italien) ou l'Ukraine (qui a acheté suédois et français). Ou alors des russes ou des chinois, tant qu'à faire ? En attendant quoi, un appel à une initiative populaire interdisant l'achat de F-35 a été lancé, pour redonner la parole au peuple.


L’avion de l’OTAN et des USA, pas celui de la Suisse

Malgré les manipulations qui sont intervenues lors des différentes étapes de la procédure qui a présidé au choix de l’avion et la révélation que l’acquisition dépassera très largement l’enveloppe de 6 milliards de francs accordée d'un souffle le 27 septembre 2020 par le souverain, le processus d’achat des avions de combat américains F-35A, après une « pause » forcée en lien avec les révélations sur l’absence de prix fixe, n’a pas été interrompu. Tout au plus, et seulement dans un premier temps,  la Suisse acquerra par étapes des lots successifs  F-35A, jusqu’à dépenser les six milliards accordés. Mais on ne sait même pas combien d'avions elle pourra acheter, puisque le prix sera négocié d'un lot sur l'autre. Si l'achat même n'est pas remis en cause, la Suisse pourrait donc se payer 24 avions de combat F-35, dans un premier temps. Puis, les partisans de cet avion, le plus cher du monde, mais toujours en développement et victimes de problèmes techniques à répétition, présenteront une demande de crédit supplémentaire de plusieurs milliards pour en acheter d'autres. Sans dire clairement pourquoi ils ont choisi cet avion : pour intégrer la Suisse dans l'OTAN. 

En 2022, le peuple suisse a, de justesse, accepté de claquer six milliards pour acheter cet avion de combat qui ne correspond pas à ses besoins mais à ceux de son constructeur, des Etats-Unis et des membres de l'OTAN qui étaient à leur botte. Mais le peuple suisse a été trompé, car aucun contrat formel d'achat n’avait été signé : il s’agissait juste d’un accord, avec un prix estimé, entre les gouvernements américain et suisse, pour faire entrer la Suisse dans  un processus d’acquisition qu'elle ne maîtrisait pas, puisque dans le système américain de vente d’armements à un pays étranger, le contrat réel, avec le prix définitif, n’est signé qu’après un accord entre gouvernement américain et le constructeur, pas avec l'acheteur. Aujourd’hui la Suisse n’a au maximum acheté formellement que huit F-35A. C'est déjà huit de trop. 

Le F-35 que la Suisse officielle a décidé d'acheter de préférence à un avion de combat européen, c'est plus qu'un avion américain : c'est un avion de l'OTAN, un avion de combat furtif profilé pour les attaques en profondeur en territoire ennemi. C'est à cela qu'Israël et les Etats-Unis l’utilisent. Mais pour la Suisse, cette utilité n'a de sens que si elle était intégrée à l'OTAN : pour défendre son territoire et son espace aérien, la Suisse n'a pas besoin d'un avion de combat capable d'attaquer la Russie chez elle... De plus, le F-35, une fois acquis, reste sous contrôle américain. Or les USA de Trump ne sont plus les alliés réels des Etats européens de l'OTAN (ce que le Danemark a finalement compris lors de la crise ouverte sur le Groenland) ni des pays européens indépendants de l'OTAN -à moins qu'ils  acceptent de devenir de purs et simple vassaux des USA -.ce que nombre d'entre eux sont déjà in pectore.

"Face à cette situation, la nécessité de constituer une forte pression populaire sur le Conseil fédéral pour que le peuple suisse puisse enfin se prononcer sur cet achat démentiel et controversé est devenue plus que jamais impérieuse", déclare un comité formé pour préparer le lancement d'une initiative populaire exigeant que « la Suisse n’achète pas d’avions de combat de type F-35 ». Ce ne serait pas la première initiative posant cette exigence, mais celle qui avait été lancée en 2022 a dû être retirée parce que, pour empêcher sa mise en votation, un accord d'achat (présenté comme un contrat, ce qu'il n'était pas) avait précipitamment été conclu.  L'initiative aujourd'hui envisagée proposerait d'insérer dans la constitution un article transitoire stipulant que " 1. La Confédération n’achète pas d’avions de combat de type F-35. 2 Le budget de l’armée est adapté en conséquence".

Le Conseil fédéral, le Parlement et le peuple suisse ayant été trompés (le premier s'étant même trompé lui-même).  La parole doit être redonnée au peuple. L'initiative projetée sera citoyenne, celles et ceux qui proposent de la lancer cherchant d'abord à obtenir le soutien du plus grand nombre de personnes au principe même du lancement de l’initiative, afin d’assurer toute sa légitimité au projet. Puis, dans un deuxième temps, fort de ce soutien initial, l'initiative sera lancée. Ils appellent donc (et nous appelons avec eux) toutes les personnes déterminés à se lever contre la poursuite de l’achat du F-35 et à refuser la dépendance militaire à l’égard des Etats-Unis, à les rejoindre en transmettant leur soutien (et leur éventuel ccord pour une éventuelle publication de leur  nom- avant le 7 mars à l'adresse AssociationcitoyennesNONauxF-35@proton.me .

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