Brèves de comptoir
Il y a deux semaines, au Palais Eynard (la Mairie de Genève), le «Courrier» a reçu des vertes mains du Maire de la Ville, Alfonso Gomez, la médaille de la «Genève reconnaissante», attribuée chaque année par le Conseil administratif. Une décision qui, n'en doutons pas, a encore renforcé le capital de sympathie dont «Le Courrier», le Maire et le Conseil administratif de gauche disposent au sein de la droite municipale. Surtout du fait des mo-tifs de la reconnaissance de la Ville à l'égard du quotidien: l'«horizon-talité» de sa structure (il est édité par une association elle-même for-mée de vingt-cinq associations, et au sein de laquelle les lecteurs et le personnel sont représentés), son indé-pendance à l'égard des groupes de presse dont la recherche du profit est le moteur principal, et sa culture et sa pratique de la critique -y compris à l'égard de la Ville et de son exécutif de gauche (qui reconnaît le caractère «inconfortable» pour lui de cette conception du journalisme. Mais c'est le prix du débat dé-mocratique. L'édito du «Courrier» enfonce d'ailleurs le clou, deux jours avant la cérémonie le célébrant: «par cette distinction, la Ville de Genève souligne donc aussi la nécessité de faire sortir l'économie des media de l'angle mort dans lequel elle se trouve encore souvent». Et la nécessité de prendre une part active, concrète, financière, politi-que à la poursuite de cet objectif ? Ben oui, évidemment, le pluralisme médiatique a un prix, vous en doutiez, malpensants que vous êtes ?
Pour la votation sur la redevance radio-télé, le MCG a fait campagne en dénonçant l'abandon de Genève par la SSR pour s'installer à Ecublens, chez les vaudois. Et tout le monde lui tombe dessus, au lieu de saluer le miracle que pour une fois, le MCG fasse une campagne de votation sans y glisser un exorcisme francophobe anti-frontaliers. C'est quand même injuste, vous trouvez pas ?
On a cru, un moment, que le Grand Conseil genevois, sous l'impulsion de sa commission des visiteurs de prison, avait compris qu'envoyer en prison des gens pour les punir de ne pas avoir (ou ne pas pouvoir) payer une amende était une ânerie, pour ne pas dire une connerie. Ce qu'une fois n'est pas coutume avait bien résumé l'udé-ciste Yves Nidegger: jadis, on met-tait des gens en prison pour dettes, on a remplacé la prison pour dettes par des peines pécuniaires (les «jours-amende»), mais quand les gens qu'on y a condamnés ne peuvent pas payer, on les remet en prison. On a donc rétabli la prison pour dettes à l'égard de l'Etat, et on y envoie les plus pauvres. On attendait que le Grand Conseil, se rende compte de l'ânerie (pour ne pas dire la connerie) de l'exercice et décide, faute de pouvoir imposer des peines de substitution (genre travail d'intérêt général), de faire exécuter les «jours-amende» ailleurs qu'à Champ-Dollon, pas prévue pour ça (c'est initialement une prison pré-ventive) et où les incarcérations sont plus coûteuses qu'ailleurs pour l'Etat... Ben non, il a rien pu déci-der, le Grand Conseil (de toute façon, l'UDC et le PLR étaient contre la proposition issue de la Commission des visiteurs), la Conseillère d'Etat Carole-Anne Kast ayant refusé le vote final, et reporté à plus tard le vote final (il pourrait avoir lieu dans deux semaines). Bon, alors, on aimerait bien savoir, avant de pouvoir pla-nifier nos vacances, où et quand on va devoir faire les cinq jours de zonzon pour resquille qui planent sur notre tête chenue.
On ne sait plus où est passé le publiciste d'extrême-droite (et anti-sémite) Alain Soral, exilé en Suisse pour fuir la France où il a été con-damné à de la prison ferme: il est toujours en Suisse, ou il s'est barré à Moscou où on l'aurait vu ? Bon, on s'en fout un peu, mais au cas où il se serait barré dans le Golfe, en Iran ou au Liban, il peut y rester.


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