Brèves de comptoir
Quelques pépites sur le premier tour des Municipales françaises, avant de nous goinfrer de celles du deuxième tour. D'abord celle-ci : sur les 34'874 communes, y'en a 23'682 où une seule liste était présente. Et 68 où il n'y avait aucune liste, et où il faudra organiser de nouvelles élections dans les trois mois. Et quelques une, comme Livarot, en Normandie, où des candidats ont découvert qu'ils l'étaient en prenant connaissance de la liste. Cela rappelé, presque toute la France a donc voté, même la plus lointaine: En Martinique, à la Réunion, en Guyane et à Saint-Pierre et Miquelon, la gauche (indépendantistes compris) est dominante. A Mayotte, en revanche, elle est quasiment absente. Et en Nouvelle-Calédonie, le jeu s'est joué entre indépendantistes et loyalistes. On n'a pas d'indications sur le vote des manchots de Terre-Adélie.
Faut pas croire que ces Municipales manifestent une rupture historique : c'est ainsi qu'à Vichy, les électeurs avaient le choix entre la droite et l'extrême-droite. Et ils ont élu le candidat de la droite au premier tour avec 76,31 % des suffrages, contre 14,28 % à l'extrême-droite, ce qui nous fait quand même un total de 90,5 % des suffrages. Bon, le temps passe, et y'a du progrès : il y a 85 ans, ils arrivaient pas à choisir entre Doriot et Deat...A Versailles, Monsieur de Mazières (droite) a été élu au premier tour avec 64,56 % des suffrages, contre Monsieur de la Faire (extrême-droite). On n'a pas de nouvelles de l'électeur qu'on a entendu crier «Vive la Commune !» dans l'isoloir.
Autre enseignement (qui nous rassure) : un casier judiciaire n'empêche pas un bon résultat électorat : à Grenoble, Alain Carignon sort en tête (de peu, d'accord, mais quand même en tête) devant la candidate de la gauche, Laurence Ruffin (mais la gauche était divisée, puisque LFI avait présenté un candidat qui a plombé la candidate de la gauche). A Ajaccio, le candidat du Rassemblement national a mis sur sa liste deux repris de justice, l'un condamné à six ans de prison pour terrorisme, l'autre à douze ans pour assassinat. Finalement troisième, il s'est qualifié pour le second tour mais à près de vingt points du premier, et sans espoir de victoire. A moins évidemment d'un malheureux accident des deux gêneurs...
Y'a pas d'âge maximum pour pouvoir voter: A Marseille, sur 550'000 électrices et électeurs inscrits, ont trouve 774 centenaires, soit une proportion atteignant plus du double de la proportion nationale. Mais on hésite à y voir un effet heureux du climat, vu que six de ces électrices (surtout) et électeurs sont inscrits avec un âge annoncé plus avancé que celui de la doyenne des Français.es, et ses 115 ans. On trouve même une électrice de 121 ans, née à Noël 1905. Elle a voté pour Carbone et Spirito ? Et son bulletin, elle l'a mis dans une urne électorale ou funéraire ?
En 2017, les trois quarts des Français.e.s étaient capable de donner le nom de leur maire. En 2025, ils n'étaient plus que moins des deux tiers. Mais y'a des villes où le Maire est en place depuis si longtemps qu'il ne doit pas y avoir beaucoup d'électeurs et d'électrices en ayant connu un autre. Comme à Issoudun, dans l'Indre, dont le camarade André Laignel, 84 ans, maire depuis 1977, est candidat à un neuvième mandat mais a été dépassé au premier tour par un candidat sans étiquette. S'il est réélu, Il aura 90 ans à la fin de son nouveau mandat. Un autre ancien ministre, André Santini, Maire depuis 1983 d'Issy-les-Moulineaux, est lui aussi en ballottage. Il a 85 ans. Il en aura aussi 90 à la fin de son nouveau mandat, s'il est réélu. Une Mairie, c'est quand même mieux qu'un déambulateur pour rester en forme, non ?
S'appeler Sarkozy, ça paie pas : le fiston de Nicolas, Loulou, candidat à la mairie de Menton, s'est pris une veste (et même pas de haute couture) en ne prenant que la troisième place du premier tour, à près de vingt point du Rassemblement national. Y'a pas de justice... euh, ben si, justement, elle est passée...
Le Parti communiste pourrait garder Martigues : avec 35,7 % des suffrages, son candidat devance le RN de presque huit points, et devrait pouvoir compter sur 11 % de suffrages s'étant portés sur deux autres candidats de gauche. Ils ont raison, les cocos : tant qu'à avoir des bastions, autant que ce soit au soleil, avec la mer à portée de bonnet de bain. Après la faucille et le marteau, la chaise longue et le parasol.
Le Rassemblement National a progressé à Paris, en passant de 1,5 à 1,6 % des suffrages. A ce rythme, il conquerra la Mairie dans un peu moins de 2000 ans. Bah, c'est juste une question de patience. Et d'attente de l'apocalypse.


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