Fonds de tiroir
Même les églises s'y mettent pour défendre la SSR contre l'initiative «200 francs» proposant de couper de moitié ses ressources: à Genève l'église protestante, et, côté catho-lique, Vox Ethica, mandatée par la Conférence suisse des évêques pour donner une «prise de position mo-rale», invitent à la refuser. La phi-losophe Florence Quinche, pour VoxEthica, estime que «le public a droit à une information de qualité permettant de se forger une opi-nion» et le pasteur Michel Kocher que «depuis toujours les églises se montrent solidaires du service public, car elles se perçoivent elles-mêmes comme une forme de service public». Faut le dire vite, mais bon, si Dieu est avec la SSR, elle n'a rien à craindre. Credo quia absurdum.
«Le Conseil fédéral ne fait pas n’im-porte quoi», a assuré son président, Guy Parmelin, le 17 décembre, à propos du deal avec Trump -pardon, pas le «deal«», un accord «flexible avec un cadre assez strict». Nous voilà rassurés, non ? Comment ça, non ? A Davos, la Suisse a été publiquement humiliée par Trump ? Il paraît que notre ministre des Affaires étrangères (figurez-vous qu'on en a encore un) a trouvé cela inacceptable. Mais qu'il ne l'a dit qu'en privé. En public, il s'est contenté de dire que «nous devons admettre qu'il y a beaucoup, beau-coup d'incertitudes». On admet, oui, mais encore? «Nous entrons dans un monde complétement nouveau». Ah bon ? Un cinglé inculte et en voie de sénilité à la tête de l'encore première puissance mondiale, c'est en effet nou-veau (sous réserve de vérification), mais les impérialismes, c'est nou-veau ? la propension des USA à se prendre pour l'Amérique entière, elle est nouvelle ? le tsarisme russe, même rétabli sous une apparence républicaine, il est nouveau? La Chine comme Empire du Milieu, c'est une nouveauté? Et des fanatiques religieux au pouvoir, c'est nouveau? Cassis fait certes un petit pas vers une critique de Trump en évoquant «des limites humanistes et institutionnelles dans les rapports entre les Etats», mais c'est pour faire tout de suite après un pas en arrière : il faut «garder la tête froide», considérer la politique comme le champ de rapports de force auxquels on est bien trop faibles pour prendre part. Clap de fin.
Les indemnités dues aux 156 victimes de l'incendie du Nouvel-An à Crans-Montana, mais aussi à leurs proches, pourraient atteindre le milliard. Qui va payer ?Les assurances ? l'assurance responsabilité civile est plafonnée à quelques dizaines de millions, les assurances sociales payeront une partie des soins, des hospitalisations et des rentes d'invalidité, mais seulement aux victimes... les familles des survivants? les autorités locales? la commune de Crans-Montana a promis un million... le canton? il a promis dix millions... Les propriétaires du «Constellation»? Ils seront insolvables... Les responsabilités sont multiples, les procédures longues, le temps à subir les séquelles des brûlures pour celles et ceux qui y ont survécu peut être leur vie entière. Et rien, en réalité, n'est prévu pour assumer une telle charge, d'où la proposition du Conseil fédéral, acceptée par les Chambres fédérales, de débloquer une aide de 50'000 francs pour les victimes afin de compenser, en partie, les mon-tants non couverts par d'autres enti-tés. A droite, on a rechigné. Parce que c'est pas un F-35 qui a foutu le feu au Constellation, c'est la logique de merde l'économie touristique alpestre. Que la droite soutient, comme un tire-fesse soutient le skieur allergique à la peau de phoque.


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