Fonds de tiroir

 es départements français frontaliers de Genève sont, politiquement, dominés par la droite. Et les communes de ces départements aussi. Les résultats du premier tour des Municipales françaises, dimanche, l'ont confirmé. Dans ces deux départements, la Haute-Savoie et l'Ain, quelques bastions de gauche faisaient tache. Deux ont résisté : Bourg-en-Bresse et Bellegarde, dans l'Ain, l'un est tombé : Annemasse, aux portes haut-savoyardes de Genève. 

A Annemasse, deuxième ville du département et bastion de gauche depuis 1977, le maire de droite de Saint-Cergues, et président de l'agglo d'Annemasse, a été élu au premier tour, contre la candidate de la gauche, Dominique Lachenal. Le maire sortant (de gauche), Christian Dupessey, ne se représentait pas. Annemasse, où près de la moitié de la population active travaille à Genève, bascule donc à droite. Du coup, on s'attend à Genève à ce que le MCG se mette à trouver les frontaliers très sympathiques -parce qu'il est fort possible que ce soient d'entre eux les plus récents, ceux qui sont venus à Annemasse pour travailler à Genève en n'ayant aucune autre attache ni avec Annemasse, ni avec Genève, qui aient fait la différence. Toujours dans la périphérie haut-savoyarde de Genève, le candidat centriste s'impose au premier tour à Ville-la-Grand, le candidat de droite à Saint-Julien, en ballottage favorable contre une candidate non inscrite et un candidat centriste, et le candidat de droite à Gaillard... avec 100 % des suffrages, puisqu'il n'y avait qu'une seule liste en lice. Plus loin de Genève (quoique plus près d'elle que Lausanne...), à Annecy, jusqu'ici municipalité de gauche, le candidat centriste devance de dix points le candidat de la gauche, un candidat de droite et un candidat d'extrême-droite. A Thonon, c'est un candidat de droite qui devance un candidat de gauche, un autre candidat de droite et un candidat d'extrême-droite. 
Dans l'Ain, à Ferney-Voltaire, un centriste devance un écolo et un autre centriste, le maire sortant -il y a donc ballottage. A Saint-Genis, un candidat sans étiquette est élu au premier tour contre le maire sortant, de gauche, qui briguait carrément un sixième mandat. A Divonne, c'est un candidat de droite, maire sortant, qui est élu au premier tour face à un centriste. A Gex, c'est aussi le maire sortant de droite qui est réélu au premier tour. Reste un bastion de gauche : A Bellegarde, le candidat de gauche l'emporte (au premier tour) contre la candidate de droite. Plus loin de Genève, à Bourg-en-Bresse, le candidat de gauche l'emporte au premier tour contre deux candidats d'extrême-droite et un candidat de droite.
Oualà, on en est là, à la périphérie de Genève. Mais comme le monde entier est à la périphérie de la capitale mondiale du monde mondial, on n'exclut pas de vous causer de résultats plus éloignés que ceux de nos proches voisins. 

Dans dix jours, samedi 28, on devait, en bon militant qu'on est, prendre part à l'élection de la présidence (ou de la co-présidence) du PS genevois. Ben on pourra pas. Parce que l'élec-tion a été reportée. Parce qu'une can-didate à la co-présidence a retiré sa candidature et que le candidat restant ne pouvait plus l'être vu qu'une co-candidature est considérée comme une seule candidature. Et tout ça, paraît-il, parce que la candidate critiquait la position (antisoniste) du parti sur le conflit israélo-palestinien. Du coup, faudra attendre après Pentecôte pour savoir qui succédera à Thomas Wenger à une fonction qu'il qualifie de «lourde, exposée et ingrate». Ben dis donc, on l'a échappé belle...

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