"Résistances féministes aux politiques de terreur", ici aussi

Dimanche on manifeste et on vote : la démocratie (semi)directe aura marché sur ses deux pieds, la rue et l'urne. On manifestera, parce que dimanche, c'est la journée internationale des droits des femmes, parce qu'il en reste beaucoup à conquérir parce que ceux que l'on croyait conquis sont toujours menacés : "il faut se mobiliser pour éviter de reculer", enjoignait déjà il y a trois ans la présidente d'Unia, Vania Alleva.  Et on votera parce qu'au menu de dimanche référendaire, il y a au moins un objet qui contient, même si c'est un peu malgré lui, quelque chose qui ressemble à un pas vers l'autonomie professionnelle et fiscale des femmes : l'imposition individuelle des contribuables marié.e.s, la fin du couple comme "cellule fondamentale" de la taxation (sauf pour les célibataires) -bref, la reconnaissance de chacun.e des partenaires d'un couple comme une personne à part entière, même pour le fisc. Un petit pas ? sans doute, mais on vient de loin : il nous souvient d'un temps (qu'on a vécu comme un témoin), où les épouses ne pouvaient ni ouvrir un compte en banque, ni prendre un emploi sans l'accord de leur Seigneur et Maître. Les temps changent ? Sans doute. Mais ils mettent le temps. Et il arrive même qu'ils changent pour le pire, comme  quand le peuple souverain (le masculin, ici, s'impose) décide de reporter d'un an l'âge du droit à la retraite pour les femmes, quand bien même près des deux-tiers d'entre elles le refusèrent . 

Le mot d'ordre de la journée de demain à Genève, c'est "Résistances féministes aux politiques de terreur"... toutes les politiques de terreur, toutes les politiques de peur. Y compris celle qui, chez nous, pèsent sur les travailleuses sans-papier victimes de violences et qui risquent l'expulsion quand elles tentent de le dénoncer. Victimes ici aussi parce que femmes, parce que travailleuses, parce qu'immigrantes, parce que sans statut légal. 

Pour revendiquer l’accès à la justice pour les femmes sans statut légal et pour un arrêt immédiat de leur expulsion, la Commission migration et la Commission femmes du syndicat SIT vous convient à une action :
"On te croit, mais on te renvoie quand même !"
Dimanche 8 mars à 15h
Devant le Palais de justice (pl. du Bourg-de-Four)


"On te croit, mais on te renvoie quand même !"
Les discriminations, les exclusions, les répressions sont cumulables : il n'y a pas que l'"intersectionnalité des luttes", il y a aussi l'"intersectionnalité" de ce contre quoi il y a à lutter. Ainsi, dimanche,  des travailleuses sans papiers soutenues par le SIT revendiqueront un véritable accès à la justice et dénonceront leur criminalisation ainsi que leur expulsion, après qu'elles aient tenté de défendre leurs droits et de se défendre contre ceux qui usent contre elles de toutes les formes de violence quotidienne. Ces femmes, ici et maintenant, dénonce le SIT, "se trouvent à la croisée du durcissement des frontières, des politiques anti-migrants, de l'exploitation au travail et des violences sexistes et sexuelles". "Au quotidien, le manque de protection pour les femmes sans papiers et le non-respect de leurs droits se traduisent pour beaucoup par l’impossibilité matérielle de quitter des relations violentes et par le non-recours à de l'aide. Par crainte d'être expulsées, elles ne dénoncent pas leurs agresseurs et ne déposent pas plainte. Une posture sacrificielle mais lucide, tant le risque de dénonciation est réel et les mesures de protection des autorités insuffisantes". Ce n'est pas un fantasme, c'est la réalité que beaucoup vivent, dans la capitale mondiale des droits humains. 
En septembre dernier cinq travailleuses de l'économie domestique et de la restauration avaient dénoncé dans les locaux du SIT la "triple peine qu’elles ont subie" :  En tant que victimes, notamment de violences conjugales, elles avaient demandé de l'aide aux autorités pour finalement être maltraitées par la police et dénoncées pour séjour illégal, puis expulsées. Les autorités ont beau prétendre qu'une femme  sans papiers est d'abord entendue en sa qualité de victime, elle est ensuite convoquée par la police en qualité de prévenue pour séjour illégal. Ainsi refuse-t-on de s'attaquer "à la racine du problème (en ne faisant) que reporter une expulsion" en dissuadant de nombreuses femmes de demander de l'aide. Ainsi se rend-on complices des auteurs des violences exercées contre des femmes particulièrement vulnérables, que ces violences soient le fait de leurs partenaires conjugaux, de leurs employeurs ou de malfaiteurs.

"Ces dernières années, la devise féministe « on te croit » a été intégrée dans le discours de nos institutions publiques. Cependant, pour les femmes sans statut légal, le message transmis est différent : « On te croit, mais on te renvoie quand même ! », résume le SIT, pour qui "La lutte féministe ne s’arrête pas aux frontières. Les droits des femmes valent pour toutes", même, ou surtout, les plus précaires.

Pour revendiquer l’accès à la justice pour les femmes sans statut légal et pour un arrêt immédiat de leur expulsion, la Commission migration et la Commission femmes du syndicat SIT vous convient à une action :
"On te croit, mais on te renvoie quand même !"
Dimanche 8 mars à 15h
Devant le Palais de justice (pl. du Bourg-de-Four)




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