Appel du Premier Mai et Action de soutien du Solifonds au cueilleuses de thé du Sri Lanka

Abolir l'esclavage 

"Nous vivons et travaillons comme des esclaves, comme nos ancêtres il y a 200 ans", témoignent les cueilleuses de thé du Sri Lanka : leurs salaires ne permettent pas de vivre, il n'y a ni toilettes ni eau potable dans les plantations où elles travaillent, et elles sont logées dans des baraquements datant de l'ère coloniale. Il y a deux ans, organisées dans le syndicat CWRFU (Ceylon Workers Red Flag Union), elles ont mis sur pieds un tribunal des travailleuses et des travailleurs : des juges Sri-lankais, mais aussi venus d'Inde et du Népal, ont écouté leurs témoignages et ont rédigé des recommandations à l'intention du gouvernement du Sri Lanka. Quelques unes de ces recommandations ont été suivies d'effet, mais pas toutes, et les planteurs ont trouvé le moyen de contourner celles qui ont été acceptées. La lutte des cueilleuses de thé continue donc, et a besoin de notre solidarité. Le SOLIFONDS a lancé un appel de soutien à son propre soutien au CWRFU. Répondons-y !

SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, PC 80-776-7

En prenant votre thé, pensez à celles et ceux qui en ont récolté les feuilles

La lutte des travailleuses (surtout) et des travailleurs des plantations de thé du Sri Lanka a abouti, après qu'un tribunal ait été institué pour entendre leurs revendications, à l'instauration d'un salaire minimum. Mais très, très minimum : 1750 roupies par jours. Moins de 5 francs suisses. Et seule la moitié de ce salaire est prise en charge par les planteurs : l'autre moitié l'est par l'Etat, ce qui en fait une sorte de subventionnement aux employeurs, qui n'ont pas manqué de trouver des moyens de contourner ce salaire minimum,  pour leur permettre de continuer à sous-payer les cueilleuses et les cueilleurs de thé, par exemple en fixant, puis en augmentant, des quotas de récolte qui ne peuvent être atteints pendant la saison sèche, alors que si ces quotas ne sont pas tenus, le salaire journalier des cueilleuses est réduit de moitié. Quant aux conditions de travail, elles restent calamiteuses, proches de celles des esclaves amenés au Sri Lanka il y a deux siècles depuis les Indes, esclaves dont les travailleuses et les travailleurs des plantations, qui ont longtemps été privés de tout droit, et même de nationalité,  descendent. 

Le Tribunal des travailleuses et des travailleurs institué par le syndicat CWRFU a fait connaître leur situation à l'opinion publique sri-lankaise, et a eu un écho dans le monde entier, en élargissant le soutien à la lutte de ce prolétariat surexploité, en renforçant sa position face aux planteurs et au gouvernement, et en renforçant la place des femmes au sein-même du mouvement et de la société : en préparant les audiences du tribunal, en y témoignant, elles ont appris à constituer des dossiers et à s'exprimer en public. Et elles ont pris un importance nouvelle au sein du syndicat, dont elles représentent plus de la moitié des membres. Celles qui ont témoigné devant la cour ont pris des responsabilité dans le syndicat, et en ont même pris la tête, avec une secrétaire générale. 

Le Solifonds soutient la CWRFU depuis vingt ans. Il l'a aidée à organiser, autonomiser et former les femmes. Il veut l'aider aujourd'hui à informer tous les travailleurs et toutes les travailleuses de leurs droits. En prenant votre thé de Ceylan du matin ou du soir, pensez à celles et ceux qui en ont récolté les feuilles : aidez le Solifonds à les soutenir.

SOLIFONDS, mail@solifonds.chwww.solifonds.ch, PC 80-776-7

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