Brèves de comptoir
La Démocratie, c'est un sport à risque. On le sait pas, mais même dans un Etat démocratique, comme la France, on risque sa vie quand on veut exprimer librement son vote. Le mois dernier, au deuxième tour des Municipales, trois personnes sont mortes en allant voter. Deux dans les bureaux de vote de Saint-Etienne et d'Annecy, la troisième à l'entrée du local à Carcassonne. C'est pas en Corée du Nord que ça arriverait...
Réagissant à la résiliation, par la régie Naef, des baux de plus d'une centaine de locataires du bd Carl-Vogt, au prétexte de travaux, le Conseiller d'Etat Nicolas Walder, chargé du logement, «n'exclut pas un bras de fer» avec la régie et le propriétaire (une caisse de pension de la fonction publique bâloise...). C'est bien, mais les locataires, eux, n'ont plus à se poser la question d'exclure ou non un bras de fer : ils y ont été contraints.
Un projet de loi de la droite visant à restreindre le droit de manifester était en passe d'être définitivement voté fin mars au Grand Conseil, sur fond de craintes quant à la mobi-lisation altermondialiste à Genève contre le sommet du G7 à Evian (le parlement a d'ailleurs accepté une motion et une résolution, non cont-raignante, demandant de n'octroyer aucune autorisation d'occupation du domaine pendant le sommet, du 15 au 17 juin), mais le projet de loi n'a pas pu être voté, la Conseillère d'Etat Carole--Anne Kast n'ayant pas demandé le troisième débat. Le projet du PLR consistait à ne plus accorder qu’exceptionnellement une autorisation de manifester le samedi en Ville de Genève sur tous les axes de tramways et le «U lacustre» (c'est-à-dire les quais de la rade et les grandes voies de circulation la longeant). Pourquoi ? Parce que le samedi, est un jour de bons chiffres d'affaire pour les commerçants et que les manifs perturbent le chalant et entravent la liberté du commerce. La liberté de manifester est certes une liberté fondamentale, mais, se-lon le député UDC Lionel Dugerdil, «aucune liberté fondamentale n'est absolue». Alors, en quoi est-elle fondamentale? Et si la liberté fonda-mentale de manifester n'est pas abso-lue, la liberté fondamentale du com-merce ne l'est pas non plus. Le projet de loi de la droite cible les mani-festations politiques, mais en quoi sont elles plus nuisible, ou dange-reuses, ou perturbante que, par exemple (cité au hasard) un défilé de supporters de foot ou de hockey ?
Un sondage Tamedia effectué début mars auprès de 17'788 personnes leur demandait ce qu'elles pensaient du montant de 50'000 francs de la contribution fédérale aux victimes de l'incendie du Constellation, à Crans-Montana. Résultat: 37% des personnes interrogées estiment que le montant est approprié, 31 % (mais 37 % des moins de 35 ans) qu'il est trop élevé, 11 % qu'il est trop bas et 21 % n'en a rien à secouer. On attend que ces brave gens soient eux-mêmes victimes, ou proche d'une victime, d'une catastrophe de ce genre pour leur reposer la question, histoire de mesurer le renforcement de leur sens de la solidarité ?
Après avoir constaté l'aboutissement de l'initiative socialiste pour que 1% du budget de fonctionnement du can-ton soit consacré à la culture (ce qui lui ferait y consacrer un peu plus de 100 millions par an, soit tout de même beaucoup moins que ce que la seule Ville de Genève y consacre), le Conseil d'Etat de Genève, ou plutôt sa majorité, en a recommandé le rejet, au prétexte qu'il limiterait la marge de manœuvre du gouvernement et du parlement dans la conduite de la politique financière globale. Parce qu'il en font quoi, de cette marge de manœuvre, le gouvernement et le parlement, à part (pour le premier) présenter des baudets déficitaires, que le second refuse, et qui sont de toutes façon démentis par les comptes ?


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