Fonds de tiroir
Une «carte au trésor» indiquant où trouver les «multinationales et autres fripouilles» installées à Genève a été mise en ligne sur le site de renverse.co en prévision de la mobilisation des 13 et 14 juin prochain à Genève (Suisse) contre le sommet du G7 à Evian. Tous types de lieux sont regroupés: sièges, succursales, mais aussi «complices du capitalisme mondial» type OMC, ou encore lieux de socialisation des patrons. Les sites intéressants y sont regroupés par domaine d’activité. On y trouve par exemple les repères cliquables de tous les locaux d'UBS, le siège social de Vitol, les bureaux de MSC, Trafigura, Axa, Cartier et on en passe. Avec une grosse concentration sur le centre-ville de la rive-gauche, mais pas grand'chose à la Jonction (on est déçus) et rien du tout aux Pâquis... La carte a suscité un début de panique aux syndicats patronaux (la FER, qui figure sur la carte -elle aurait certai-nement été vexée de n'y pas figurer) et à la Chambre de commerce, qui ont demandé d'interdire toute manifesta-tion durant la période du sommet. Un couvre-feu, quoi. Le Conseil d'Etat s'est jusqu'à présent contenté de restreindre (mais pas d'interdire totalement) les manifs au centre-ville. Et la Confédération a décidé d'as-sumer 80 % des mesures de sécurité incombant aux cantons de Genève, de Vaud et du Valais, d'engager entre 2000 et 5000 militaires en service d'appui aux polices cantonales sur terre, sur le lac et dans les airs, en coordination avec l'armée française. Une restriction temporaire de l'espace aérien au-dessus de la région léma-nique sera instaurée du 10 au 18 juin, les liaisons ferroviaires et les liaisons lacustres entre Evian et Lausanne seront interrompues du 11 au 17 juin. On n'a pas encore entendu d'appel à faire des provisions de guerre, ni annoncé la renaissance du Plan Wahlen, mais on s'y prépare. Oualà. la carte, vous la trouvez sur
https://rnvrs.co/infos-locales/article/multinationales-et-autres-fripouilles-carte-au-tresor-8509).On vous dit tout ça, c'est juste pour votre information, hein. On vous tiendra au courant de la suite. Alternatif, le courant.
On s'est interrogé depuis qu'on est capable de s'interroger: qui est premier ou première ? L'oeuf ou la poule, la caille, l'autruche? On n'avait pas la réponse. Jusqu'à ce qu'une dépêche de l'ATS nous la donne, une semaine avant Pâques (et ses oeufs) : en premier, y'avait l'oeuf. Ou en tout cas, la possibilité de l'oeuf (c'est beau comme du Houellebecq): des chercheurs des universités de Genève et de Lausanne ont démontré qu'un unicellulaire vieux d'un milliard d'années disposait des instruments génétiques lui permet-tant de produire un oeuf. Bon, on ne sait pas s'il l'a réellement produit, cet oeuf, l'unicellulaire, mais on sait qu'il aurait pu. S'il avait voulu. Reste à savoir qui a produit (pondu?) l'unicellulaire qui aurait pu produire l'oeuf? Une poule ? Ah merde, c'est reparti pour un tour...
En Afrique, les Etats de la «Françafrique», nés de la trans-formation du colonialisme français en néo-colonialisme, se sont, les uns après les autres ces dernières années, affichés en rupture avec l'ancienne puissance coloniale. On en a déduit que la «Françafrique», c'était fini. C'était un peu vite dit. Parce que si les relations avec la France sont mauvaises, les relations avec le français sont de plus en plus fortes, y compris dans les pays qui, comme le Niger, se sont retirés de l'organisa-tion internationale de la franco-phonie (OIF), et que même des pays qui n'étaient pas des colonies françaises, comme l'Angola, le Ghana ou la Gambie, ont adhéré à l'OIF (l'Angola a même rendu l'apprentissage du français obliga-toire à la fin de l'école primaire). Aujourd'hui, les deux tiers (soit 257 millions de personnes) des franco-phones se trouvent en Afrique, l'Afrique francophone affiche un taux de croissance annuelle double de celui du reste de l'Afrique subsaharienne et le premier pays francophone est la République dé-mocratique du Congo (114 millions d'habitants). Bon, ben reste plus qu'à traduire cette info en suisse-allemand, puisque dans le même temps où on rend l'apprentissage du français obligatoire dans les écoles primaires angolaises, on songe dans plusieurs cantons alémaniques à le repousser au secondaire...


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