Brèves de comptoir

 Le président de la commune de Crans-Montana (le Maire, quoi, depuis 2017), le PLR Nicolas Féraud, a été entendu pendant onze heures par la justice valaisanne, en sa qualité de prévenu, inculpé (et présumé innocent) d'homicide, de lésions corporelles et d'incendie, tout ça par négligence. L'avocat du Maire a assuré qu'à chaque fois que les chargés de sécurité ont demandé du personnel supplémentaire à l’Exé-cutif municipal, il les a obtenu. Mais alors pourquoi les contrôles annuels imposés par la loi n'ont-ils pas été effectués pendant six ans, de 2019 à 2025? De leur côté, les avocats des familles de victimes dénoncent un manque de sincérité dans les réponses données par Nicolas Féraud aux questions des procureures. Pourtant, il était très apprécié de ses administrés, Nicolas Féraud, ancien restaurateur proche des gens, bonhomme prompt à payer le coup. Un peu moins prompt, apparem-ment, à assumer ses responsabilités politiques -mais ça, c'est assez courant, et on n'en ferait pas un scandale, si dans le bilan, y'avait pas plus de 40 morts et 100 blessés...

«Le journalisme est devenu l'un des métiers les plus dangereux au monde», observe, dans la «Voix Populaire» d'avril, le secrétaire général de la Fédération interna-tionale des journalistes, Anthony Bellanger. Et en effet, plus de 3000 journalistes et travailleurs des media ont été tués depuis le début des années '90. Et la majorité d'entre eux ne sont pas tués sur les champs de bataille mais sur les champs de leur travail d'enquêteurs sur la corruption, le crime organisé, les abus de pouvoir... Mais qu'on se rassure : le nombre de journalistes tués va sans doute se réduire considérablement... parce que le journalisme lui-même va se réduire, qu'il y aura de moins en moins de journalistes, de plus en plus de textes produits par l'inintelligence artifi-cielle, de moins en moins de journaux, une place de plus en plus écrasante des réseaux sociaux, un poids de plus en plus lourd des pressions économiques, et de plus en plus de poursuites judiciaires, de harcèlement, de surveillance et de licenciements de journalistes. Si le journaliste devient une espèce en voie de disparition et le journalisme un no man's land, à quoi bon tuer des journalistes? Aurait-on aujourd' hui l'idée de tuer des moines copistes, des maréchaux-ferrants et des archers de combat? 

Le milliardaire ultraconservateur (un euphémisme) et catho tendance chouanne Vincent Bolloré a viré de son poste d'éditeur de la prestigieuse maison Grasset, que Bolloré possède en possédant (entre autres) le groupe Hachette, celui qui est probablement le meilleur éditeur de France, Olivier Nora, qui avait le grand tort de ne pas vouloir éditer n'importe quoi n'importe quand. Du coup, plus de 170 auteurs et autrices édités par Fayard ont annoncé quitter la maison. On les salue, parce que même si on n'a pas pour toutes et tous les yeux d'Hemon pour Antigone, leur départ est un acte de résistance contre l'épuration culturelle en cours.
https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/16/grasset-l-integralite-de-la-lettre-de-depart-et-la-liste-des-115-auteurs-signataires-qui-quittent-la-maison-d-edition_6680470_3234.html

Lundi, la «Tribune de Genève» nous rappelait qu'à Genève en 2025, selon la police routière, au moins 206 accidents de vélo ayant entraîné des blessures, dont 80 graves, et un mort, s'étaient produits. Une carte routière de la Confédération recense les lieux de ces accidents et on connaît les voies les plus dangereuses pour les cyclistes : celles où ils et elles doivent se mélan-ger aux bagnoles, aux bus et aux trams. Exemple emblématique : la rue des Deux-Ponts: trafic dense, mélangé, une piste cyclable qui slalome entre les rails de trams, les voies pour bagnoles, camions, camionnettes, bus et deux roues motorisés. Un axe qui mérite le prix du Pneu crevé décerné par l'association Pro Velo au pire par-cours pour les cyclistes. Un axe «structurant«». Du genre de ceux où grâce à un recours bagnolard classé par la justice, mais lui-même objet d'un recours, on devrait pouvoir circuler à 50 km/h au lieu de 30... ça s'imposait, non ? Allez, fonce, Marcel, t'as du bobo à velo dans le viseur !



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