Brèves de comptoir

 L'initiative «Tous ensemble à l'école» lancée par la Fédération genevoise des associations de personnes handicapées et leurs proches, soutenue par le PS, les Verts et le MCG, a été déposée mardi, avec 5126 signatures. Elle sera donc vraisemblablement soumise eu peuple genevois. Elle propose de s'inspirer pour la scolarisation des enfants han-dicapés, du modèle tessinois: privi-légier cette scolarisation dans les écoles régulières, en les rendant plus inclu-sives, en créant des classes inclusives où seraient intégrés des élèves ayant besoin d'une pédagogie spécialisée, et en créant dans les écoles régulières, des classes spécialisées. Les institutions spécialisées, comme Clair Bois, seraient réservées à des besoins spécifiques. Le lancement et l'aboutissement de l'ini-tiative sont d'excellentes nouvelles : d'abord, ça rappelle que devoir sup-porter un Grand Conseil borné comme une enclave ne signifie pas se résigner à ses décisions: les bornes, ça se contourne. Par l'appel au peuple. Ensuite, s'inspirer du Tessin pour autres chose que le Merlot, la polenta et le soleil est une démarche heureuse. Vous voyez qu'en ce printemps scandé par les conneries trumpistes, y'a de petits rayons d'optimisme qui dissipent les nuages...

Y'en a d'ailleurs un autre, de rayon d'optimisme: l'aboutissement du réfé-rendum lancé contre l'assouplissement des conditions d'exportation de matériel de guerre: deux mois après son lancement, l’objectif de 60’000 signatures a non seulement été atteint, mais dépassé, avec plus de 70'000 signatures. Et le référendum sera déposé à la Chancellerie fédérale vendredi 17 avril à Berne. Bref, si on ne vit pas au Liban, en Ukraine, au Soudan, en Iran, aux Etats-Unis, en Israël ou en Palestine occupée (la liste n'est pas exhaustive), si on n'a pas eu l'idée géniale de foutre le camp dans une petromonarchie du Golfe pour n'avoir pas d'impôts à payer, si on n'est pas un chômeur en Suisse qui attend depuis deux mois que le système informatique fédéral veuille bien débloquer le versement des indem-nités auxquelles on a droit,  on peut savourer le printemps. 

C'est un combat de titans, pas moins, qui se déroule à Genève. Face à face, sous le regard des media, la Cour des comptes et la Caisse publi-que de prêts sur gages. Il nous est arrivé de solliciter la première, mais moins souvent que la seconde, dont nous fûmes usager régulier.  Bon, y'a longtemps, mais quand même, on a vu à quoi elle servait. Là, il s'agirait plutôt de savoir à qui. Donc, mardi, la Cour des comptes présentait les résultats d'un «examen sommai-re» (un audit light, quoi), lancé par une dénonciation anonyme (sur fonds de licenciement du directeur) sur la manière dont a été appliquée (ou pas) par la Caisse la réforme des institutions de droit public de 2018, qui impliquait la suppression du bureau du Conseil d'administration de la Caisse et le transfert au Conseil d'Etat de la compétence de fixer la rémunération des administrateurs. Or selon la Cour, la Caisse n'a pas respecté ces obligations : elle a versé des jetons de présence pour des séances ou des procès-verbaux d'un bureau qui légalement n'existait plus, et versé des indemnités extraordinaires sans accord du Conseil d'Etat. Elle aurait aussi remboursé des frais dont le remboursement n'était pas prévu. Toutes choses que la Causse conteste fermement. La Cour évoque aussi des engagements de proches de collaborateurs et collaboratrices pour des mandats ponctuels, des doublons de fonctions, l'absence d'un véritable inventaire des objets gagés, et invite le Conseil d'Etat à «étudier la possibilité de demander» à ceux qui ont perçu des indemnités non conformes, de les rembourser à la caisse (il y en aurait pour trente à cinquante mille francs, pour 2024 et 2025), qui ne reçoit aucune subven-tion publique, et s'autofinance par la vente des objets mis en gage quand les gages ne sont pas rembour-sés. Les bénéficiaires d'indemnités et jetons de présence indûment versés pourront toujours les rembourser en déposant des objets de valeur à la caisse, y'a pas de raison que seuls des pauvres fassent usage de cette belle institution, comme nous le fîmes régulièrement. D'ailleurs, on ne sache pas qu'ils se soient plaints de la Caisse, ses usagers. Nous, en tout cas, on n'a jamais rien eu à lui reprocher, à cette bouée de sauvetage de nos fins de semaine difficiles...


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