Fonds de tiroir
Il s'en est passé, des choses, il y a dix jours, en Europe. La gauche anti-trumpiste (ça devrait être un pléonasme, mais allez savoir...) se réunissait à Barcelone et l'extrême-droite trumpiste (mais l'est-elle encore, vu la succession de conneries dont Trump nous a gratifiés ces derniers temps ?) se réunissait à Milan. Et nous on se réunissait à Paris, mais personne n'en a parlé. Et y'avait pas de grand raout à Genève. Une lacune. Bref, à Barcelone, le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, devenu quasiment le dirigeant politique européen le plus critique à l'égard de Trump, avait réuni une douzaine de chefs d'Etat et de gouvernement de gauche, dont les président.e.s brésilien Lula, colombien Petro et mexicaine Scheinbaum. Et en même temps, l'Internationale socia-liste (que préside Pedro Sanchez) rassemblait, toujours à Barcelone, 5000 personnes dans un forum du «Global Progressive Mobilisation», là encore pour s'en prendre à Trump. Pendant quoi, à Milan, à l'initiative de la Lega de Matteo Salvini, vice-président du Conseil (vice-Premier ministre de Giorgia Meloni), les représentants d'une dizaine de partis d'extrême-droite européens particip-aient à un rassemblement bien moins massif qu'espéré. Le Premier ministre hongrois en partance, et parrain de cette extrême-droite coalisée au parle-ment européen dans le groupe des «Patriotes pour l'Europe», avait été invité, mais comme il s'est pris une baffe monumentale aux élections six jours avant, et qu'il va quitter le pouvoir, il a brillé par son absence. Et les fachos européens ont dû se con-tenter comme têtes d'affiche de Jordan Bardella et du Néerlandais Geert Wilders (battu lui aussi aux élections, en octobre dernier). Même les fachos doivent faire avec ce qu'ils ont sous la main. Et donc faire un bide -on a bien plus parlé du succès de la réunion de la gauche à Barcelone que du bide à Milan de celle de l'extrême-droite, très emmerdée par les conneries de Trump. On n'en tirera aucune conclusion, seulement un petit plaisir passager. On va quand même pas se le refuser, dans les temps qu'on vit.
Du nouveau dans le feuilleton des F-35 -vous savez, ce gros navion de combat amerloque que la Suisse a décidé d'acheter... Enfin, du nou-veau, faut le dire vite, parce qu'on sait déjà que le machin va coûter plus cher que prévu, qu'il va falloir en acheter moins que prévu pour pouvoir tenir dans les limites du crédit qu'on a obtenu, qu'on risque bien de ne les recevoir plus tard que prévu, qu'on se demande s'il ne faudrait pas envisager de renoncer à en acheter. En plus, il se confirme que le machin est très, très bruyant. Plus bruyant que les machins qu'il est supposé remplacer (les FA-18 ou F-5). Beaucoup plus bruyant. Et que les voisins des aérodromes militaires où il devrait sévir (Payerne, Meiringen, Emmen) vont trinquer sévère. 3 décibels de plus, en moyen-ne, qu'actuellement. Mais trois déci-bels de plus, ça veut dire un bruit deux fois plus fort. Pour tenter de rassurer les habitants, les zautorités ont décidé de claquer 30 millions pour poser des fenêtres spéciales et de renoncer aux vols d'entraînement entre le vendredi après-midi et le lundi matin. Et l'armée assure que, puisque les machins voleront moins, ils saloperont moins l'air. C'est logique. Sauf que saloper moins, c'est toujours saloper. Et toujours bouffer des tonnes de carburant fossile (comme le raisonnement des partisans de l’achat du machin) en plus. Donc, quand on vole moins, on salope moins l'air. Mais on le salope quand même plus par chaque vol. Mais bon, puisque y'en a qui y tiennent, on en achète quand même quelques uns de ces machins, un ou deux, histoire de marquer le coup et de calmer nos galonnés. Mais ceux qu'on achète, on les laisse à terre. Parce que quand ça vole pas, un F-35, c'est silencieux, et ça consomme rien. Et ça peut décorer les aérodromes militaires. Qui en ont bien besoin.


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