Brèves Troubles

 Reporters sans frontière a rendu fin avril son rapport sur l'état de la liberté de la presse en 2026, et le moins qu'on puisse en dire est qu'il n'est pas optimiste : selon RSF, la liberté de la presse a atteint son plus bas niveau historique depuis 25 ans : «En vingt-cinq ans, le score moyen de l'ensemble des pays étudiés n'a jamais été aussi bas», et dans la majorité des pays, la situation de la liberté de la presse va de «difficile à très grave». Le journalisme est «étouffé par un dis-cours politique hostile», la situation économique difficile des media af-faiblit la progression, les journalistes sont soumis à une pression «accrue par des lois utilisées comme arme contre la presse», le cadre légal est, de tous les indicateurs mesurant la liberté de la presse, celui qui se détériore le plus, et la «criminalisation» du journalisme se développe dans 110 des 180 Etats examinés. Face à cette situation, les politiques publiques «s'avèrent inca-pables de proposer une solution» -quand encore, elles n'aggravent pas la situation. Les USA reculent de sept places dans le classement de RSF et n'y sont plus qu'à la 64e place, la plus mauvaise depuis 25 ans. Les premiers de ce classement pour 2026 sont la Norvège, les Pays-Bas et l'Estonie. Les derniers sont l'Eyrthrée la Corée du Nord et la Chine.  Et la Suisse ? elle est huitième, et RSF y juge la situation «plutôt bonne», mais con-damne les mesures provisionnelles dont «de trop nombreux médias» sont frappés sans avoir été entendus, ce qui «constitue une menace grave pour la liberté de la presse». Quoi, comment, y'en n'a plus point comme nous ?

En janvier 2025, des billets antisémites sont découverts devant une galerie de la Vieille-Ville de Genève. Les avocats de la galeristes déclarent reconnaître sur des images de vidéosurveillance une militante de gauche, antinucléaire, enseignan-te retraitée, Anne-Cécile Reimann, et la dénoncent au procureur qui, malgré les protestations d'innocence de l'accusée, qui nie farouchement avoir jamais été antisémite, y compris dans ses engagements de soutien aux Palestiniens, la condam-ne à 90 jours-amende avec sursis, et des dizaines de milliers de francs d'amende, de dédommagement à la victime, de frais d'avocat et de procédure. Anne-Cécile Reimann dénonce une erreur judiciaire, et lorsqu'une dame octogénaire se dénonce spontanément à la justice comme la seule auteure des billets antisémite, on attend la réhabi-litation officielle de la condamnée, l'annulation de sa condamnation, des excuses pour l'avoir injustement accusée d'actes odieux, et le classe-ment de l'affaire. Mais le Procureur ne bouge pas. En revanche, les avocats de la galeriste ne lâchent pas leur proie, et demandent que le domicile d'Anne-Cécile Reimann soit perquisitionné. On se demande pourquoi ils tiennent tant à la faire condamner alors qu'il est devenu évident qu'elle n'était en rien cou-pable de ce pourquoi elle avait été condamnée. Et elle dépose donc plainte contre la galeriste pour «dénonciation calomnieuse et ob-struction à la justice» (puisque leur demande de perquisition reporte le classement de l'affaire et la confir-mation de l'innocence de l'accusée). Cette «affaire» qui n'en est pas une n'est ainsi pas terminée comme elle devrait l'être. Et on se demande ce que les avocats de la galeriste vont encore inventer pour pouvoir tou-cher les 20'000 balles qu'Anne-Cécile Reimann a été condamnée à leur verser pour un acte qu'elle n'a pas commis mais dont ils l'accusent.
 mais dont ils l'accusent. 

Pour la 4e fois, Jean-Luc Mélanchon est candidat à l'élection présidentielle française. Et pour la 3e fois, Marine Le Pen aussi (alors qu'elle ne sait pa encore si elle pourra s'y présenter). C'est une nouvelle disposition de la Constitution de la Ve République : pas de présidentielle valable sans Mélenchon ou un.e Le Pen ?

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