Fonds de tiroir

 Alors, on en est où de la manifestation, à Genève, le 14 juin, contre le G7 d'Evian, à un mois de la tenue de ce sommet des potentats du camp des bons (le nôtre, donc, forcément) ? Ben, on sait toujours pas si elle sera autorisée. Le Conseil d'Etat se contente d'affirmer que l'organisation avance, que Genève se prépare, que des doua-nes seront fermées (toutes, sauf sept) entre le 12 et le 18 juin, que les entreprises sont invitées à privilégier le télétravail... mais que sur la manif, «l'analyse des risques est en cours» et que «le Conseil d'Etat se déterminera rapidement» (ça veut dire quoi, quand, comme le rappelle la Conseillère d'Etat Carole-Anne Kast, il peut délivrer une autorisation ou une interdiction la veille d'une manif?), alors que le Grand Conseil se réunira en session extraordinaire fin mai, sur demande de la droite, pour se prononcer sur une demande d'interdiction pure et simple (comme si c'était au parlement de décider d'une mesure opérationnelle... mais bon, c'est la droite gene-voise, hein, faut rien en attendre d'intelligent), demande d'interdiction sur laquelle le Conseil d'Etat prendra position. Mais quelle position ? La coalition contre le G7, qui salue la préférence du canton pour une manifestation autorisée, a fait des pro-positions concrètes sur les horaires de la manif, son parcours (qui devrait éviter les zones les plus sensibles, comme les Rues Basses), pour que la manifestation se déroule pacifiquement. Car elle se déroulera, de toute façon, et le canton admet qu'il vaut mieux qu'elle soit autorisée, et donc contrôlée, pour que son déroulement se fasse dans les meilleures conditions pour tout le monde. A part ça, la coordination contre le G7 a, comme les autorités, reçu une bonne nouvelle : la Cour Européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné la Suisse (en l'occurrence, Genève) pour avoir violé l'article 11 de la Convention européenne des droits de l'Homme, qui garantit la liberté de réunion pacifique et le droit d'association. Genève avait condamné l'organisatrice d'une manifestation féministe autorisée, en mars 2019, pour des débordements dont elle n’était nullement responsable. Cette condamnation était conforme à la loi genevoise sur les manifestation sur le domaine public, la con-damnation a été validée par le Tribunal fédéral mais selon la CEDH elle violait un droit fondamental, et le violait au terme d'une procédure inéquitable. On espère que le Conseil d'Etat genevois (on n'attend rien du Grand Conseil) aura attentivement pris connaissance de l'arrêt de la CEDH : ça peut l'aider à prendre une décision intelligente.  Restent la demande de la coordination de pouvoir installer un espace militant dans un espace vert de la Ville (mais lequel ? la Ville et le canton se renvoient la balle pour le choisir), ou, à défaut, dans l'agglomération d'Annemasse, ce à quoi les autorités françaises ne s'opposent plus, et celle de trouver un lieu de camping pour les manifestants venus de l'étranger plus lointain que la France voisine. Enfin, le canton a recommandé à ses propres services et aux entreprises de privilégier le télétravail du 12 au 18 juin, décidé de limiter les grandes manifestations au centre ville dans la même période. Et qu'il n'y aura pas de grande fanzone pour le Mondial de foot. On s'en consolera aisément, comme de l'interdiction de la retransmission des matches sur les terrasses des bistrots. Quant à la circulation, on s'attend à ce qu'elle soit très perturbée sur les axes menant à la France ou en en venant, les TPG adopteront l'horaire du dimanche et les contrôles aux frontières s'appliqueront dans les gares du Léman Express. Les derniers jours du printemps vont être amusants, à Genève. On espère qu'iul fera beau...

Trump remet en cause le droit du sol, qui rend citoyen.ne des USA tous ceux et toutes celles qui sont nés sur sol étasunien. Pourtant, c'est ce droit qui a permis à son père -et donc à lui, par héritage- d'être citoyen des USA, puis-que Friedrich Trumpf, le père de ce père, venait d'Allemagne... mais bon, un Allemand, c'est pas un nègre afri-cain, un arabe, un latino, ou un chi-netoque, alors le droit du sol, les en-fants de Trump(f), ils y avaient droit. Eux. 

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