Fonds de tiroir

 Depuis 2019, le 14 juin est dans toute la Suisse le jour de la grève féministe, en référence à la première grève des femmes du 14 juin 1991, et son demi-million de participantes. Mais le 14 juin de cette année, ce sera le jour de la grande manifestation, à Genève, contre le sommet des sept potentats réunis à Evian. Du coup, les collectifs vaudois et genevois de la grève féministe invitent, sans renoncer à manifester le 13, à- rejoindre la manif du 14. Parce que les collectifs soutien-nent la manif anti-G7 et le mouve-ment qui la portent. Et ils la sou-tiennent parce que les luttes fémi-nistes  font face à une montée du masculinisme, renforcée par quelques uns des potentats réunis à Evian -à commencer par Trump. Et donc que la grève féministe est aussi une grève contre eux parce que les luttes convergent puisque les oppressions elles aussi convergent. Oualà, c'était notre minute d'explication: «dis Tonton, ça veut dire quoi, l'inter-sectionnalité ?». Ben, ça veut dire ça.

La SSR avait renoncé à ses émis-sions radio analogiques (sur la FM), mais a été contrainte par le parle-ment fédéral à revenir sur cette décision stupide, qui lui a fait perdre des centaines de milliers d'auditeurs, au profit des radios locales et des radios étrangères émet-tant encore, elles, en FM. Elle va donc recommencer à émettre en FM, et on va donc pouvoir recom-mencer à l'écouter autrement que  sur notre smartphone, par notre ordinateur ou en passant par la télé. Et on en est bien content. Et on va pouvoir renoncer à rediffuser en FM les émissions qu'on aime (ouais, y'en a) des radios de la SSR. La SSR va donc devoir réparer sa connerie. Elle va le faire en trois étapes : au troisième trimestre de cette année, elle va réactiver 45 sites de diffu-sion, prioritairement le long des autoroutes et en Suisse allemande. Au quatrième trimestre, on passera à 67 antennes réactivées. Et en 2028, elle aura réactivé 256 sites de diffusion, touchant 95 % de la population. Et ça lui coûtera 15 millions par an. Sans garantie de retrouver tous les auditeurs perdu dans la transition forcée vers le numérique. Comme quoi, vaut mieux écouter ceux qui, avant qu' une décision soit prise disent que c'est une connerie, qui après qu'elle ait été prise que de devoir la réparer n'est que le prix de cette connerie, et que la preuve a été faite que ceux qui la dénonçaient avaient raison et que ceux qui l'ont faite avaient tort.

Dans la nuit , les forces israélienne ont intercepté au large de la Crète (dans les eaux internationales) plusieurs bateaux de la flottille «Global Sumud» pour Gaza. 175 personnes sur 22 bateaux ont été arrêtées, et la flottille repoussée dans les eaux grec-ques. Bon, on va étudier plus sérieu-sement le projet de lancer depuis Genève, avant le 14 juin, une flottille pour rompre le blocus français autour d'Evian : est-ce qu'on  risque d'être intercepté par la marine (ça se dit, pour un lac ?) française et ramenés de forces dans les eaux suisses (y'a pas d'eaux internationales dans le Léman), ou coulés sur place ? 

On a appris, avec, avouons-le, quelque amusement, que quand on se fait gauler dans les transports publics pour les avoir empruntés sans billets ou abonnement, on ne risquait pas seulement l'amende habituelle, mais que si on a tenté de s'expliquer et de négocier, on se prend une surtaxe à l'amende si le contrôle a duré entre une et quatorze minutes. C'est une règle appliquée dans toute la Suisse par l'Alliance Swiss Pass (fallait bien un titre en globish). Bref, comme le dit dans la «Tribune de Genève» de lundi une usagère ainsi punie, «on fait payer aux passagers le temps passé à leur mettre une amend». Et le temps passé à attendre en vain qu'on la paie, l'amende, Swiss Pass va aussi nous le facturer ? Qu'ils essaient, tiens, qu'on se marre...



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