Fonds de tiroirs
Le racisme progresse, en Suisse aussi. On le savait, mais on a maintenant des chiffres (qui sous-estiment l'importance de cette pathologie, puisqu'ils ne se fondent que sur les cas signalés), fournis par le réseau du Conseil pour les victimes de racisme, du service fédéral de lutte contre le racisme et de la Commission fédéra-le contre le racisme : 1245 cas de discrimination raciale recensés en 2025, soit 3 % de plus qu'en 2024, année où 17 % de la population rési-dente avait déclaré avoir été victi-me, dans les cinq dernières années, de discrimination raciale. Dans 22% des cas en 2024, les cas recensés l'ont été dans le domaine de l'éducation, surtout dans la scolarité obligatoire, dans 17 % dans le do-maine professionnel. Dans 33 % des cas signalés en 2025, il s'agit de racisme «antinoirs», dans 23 % des cas de racisme antimusulman (sous-déclaré), dans 30 % des cas de xénophobie, dans 9 % des cas d'ara-bophobie, dans 5 % des cas d'antisé-mitisme (au sens de judéophobie). 8% des cas concernent des personnes d'origine asiatique. Voilà. Mais on insiste : ces chiffres ne concernent que les cas déclarés par les victimes. Et nombre d'entre elles se taisent. Font le gros dos. Ne veulent pas faire de vague. Attribuent le racisme ou la xénophobie dont elles sont victimes à de la beauferie ordinaire. Ordinaire, en effet, elle l'est de plus en plus. Hanna Arendt évoquait la «banalité du mal« ». Là, on est dans la banalité de la connerie. Mais ne nous y trompons pas : des dégâts elle peut en faire. Et des victimes. Et son ventre est fécond.
Le député UDC Guy Metttan a été élu, de justesse (une voix de plus que la majorité absolue), jeudi, à la première vice-présidence de la Douma genevoi-se. Une élection contestée, vu que le député udéciste, ex-PDC, est plus connu pour ses accointances pro-russes que pour la qualité de son travail parlementaire. Docteur honoris causa de l'Université Herzen de Saint-Petersbourg (laquelle soutient of-ficiellement l'«opération militaire spéciale» lancée par Poutine pour «dénazifier l'Ukraine»), décoré de l'Ordre de l'amitié par la Fédération de Russie, négateur de l'agression russe de l'Ukraine, il pourrait devenir président du parlement cantonal genevois. Le lendemain de son élec-tion, sur la Place Rouge (la Belle Place, plutôt) de Moscou, se déroulait le défilé traditionnel de l'armée russe pour célébrer la victoire russe (sovié-tique, en fait, et donc aussi ukrai-nienne) dans la Grand Guerre Patriotique de 1941-1945. Mais la parade avait été réduite au minimum: pas d'armes de destruction massive, presque pas d'avions... Il valait pas plus, le Grajdanin Mettan ? C'est vexatoire, quand même.
On a quasiment failli être des socialistes orphelins de présidence, c'est dire notre soulagement quand on a appris qu'après celle de Thomas Wenger, et le retrait d'une candidate à la co-présidence, on en aura une, de présidence du PS genevois. Et même, une co-présidence. Avec forcément une Amanda. On sait pas encore laquelle, mais l'important, c'est qu' on ait une Amanda. Bref, le 30 mai, une Assemblée générale extraordi-naire du PS genevois désignera sa co-présidence et choisira entre Amanda Gavilanes et Cyril Mizrahi, d'une part, Amanda Ojalvo et Diego Esteban, d'autre part. Et sans possibilité de panacher. C'est ticket contre ticket. Qu'est-ce qui les distingue, les deux tickets ? La ligne politique ? Ben non, ils ont, grosso modo (on vous passe les détails), la même. Les générations ? Ben non, ils sont toutes et tous nés entre 1979 et 1993. Des gamins, quoi. Le parcours politique? Ben non, ils et elles siègent ou ont toutes et tous siégé dans un Conseil Municipal ou un Grand Conseil. On choisira en fonction de quoi, alors ? Ben, l'inspiration du moment... Ou alors, le hasard ?


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