"NON aux F-35" : initiative populaire lancée

 

C'est au peuple de décider, pas à Armasuisse. 

Une association citoyenne lance un gros pavé dans la mare aux canards (boîteux) : l'initiative "Non aux F-35", qui demande, dans une disposition transitoire à l'article constitutionnel sur l'équipement de l'armée, que la Confédération renonce à l'achat d'avions de combat américains "de type F -35". Des avions que les militaires américains contrôleront même après qu'ils aient été achetés et mis en service par la Suisse... à moins que le peuple (opposé, selon les sondages, à la poursuite de cet achat) y mette le holà. C'est ce que le comité citoyens lui propose. Les partisans du F-35 prétendent qu'on ne peut plus renoncer à acquérir ce piège à cons, et que la volonté populaire doit s'écraser devant l'incompétence des "experts" de l'armée ? foutaise : la Constitution fédérale n'est pas un contrat d'achat passé par des ânes avec des escrocs. C'est au peuple de décider, pas à Armasuisse. 
L'initiative a été lancée le 28 avril, elle a jusqu'au 28 octobre de l'année prochaine pour aboutir avec au moins 100'000 signatures valables. Evidemment, on la soutient.  C'est par là qu'on télécharge, qu'on imprime et qu'on signe la feuille de signatures :
https://www.fichier-pdf.fr/2026/05/01/initiative-non-aux-f-35/

 Y'a pas à dire, on est bien gouvernés. Par Trump.

La guerre entre humains n'a jamais cessé sur la planète depuis qu'humains il y a. On pouvait croire qu'elle avait cessé en Europe depuis 1945, si on oubliait celles née de l'éclatement de la Yougoslavie et quelques autres qu'on s'empressait de croire mineures (comme Chypre, l'Irlande du Nord, le Haut-Karabakh, pour autant qu'on le situe en Europe), mais l'agression russe de l'Ukraine a remis les compteurs à l'heure : la guerre est de retour en Europe, sans avoir quitté pour autant le reste du monde. Tous les gouvernements européens gonflent, ou se préparent à le faire, leurs dépenses militaires et leurs achats d'armes (le plus souvent américaines, comme s'il était encore de temps de croire qu'on allait avec cela calmer Trump). La Suisse ne fait pas exception : nos illustres galonnés veulent les 30 avions de chasse américains F-35A que le crédit voté en 2020 permet d'acheter, mais considèrent qu'ils ne suffiront pas et veulent 30 avions de chasse supplémentaires. En même temps, ils veulent rendre le service civil moins attractif, imposer une journée d'"information" sur l'armée à chaque femme en âge de se rêver militaire, le Conseiller fédéral Martin Pfister, ministre de la Défense, veut une hausse de l'impôt indirect, la TVA, pour financer son programme d'armement et la société suisse des officiers réclame cent milliards pour l'armée. 

Le Département fédéral de la Défense, et l'ancienne ministre de la Défense Viola Amherd, ont tout fait d'abord pour que la Suisse achète un nouvel avion de combat alors qu' on pouvait douter, et qu'on doute encore, que cela soit nécessaire,  ensuite pour qu'on achète des F-35 américains, quitte à bidouiller les évaluations pour que ce soit cet avion qui soit choisi et qu'on oublie que les systèmes de communication de cet avion restent sous contrôle américain même après que l'avion ait été vendu à des Etats étrangers, enfin pour faire croire que le prix négocié avec l'avionneur, Lockeed Martin, était un prix fixe, qui ne saurait grossir de quelque surcoût : cet argument, d'une fausseté absolue, a sans doute été déterminant pour convaincre d'abord les commissions de politique de sécurité des Chambres, puis le parlement, d'approuver l'acquisition des F-35 et empêcher que le peuple se prononce sur ce choix (il n'a été consulté que sur le montant de l'achat, qu'il n'a approuvé d'un cheveu, à 50,1 %,  justement parce que le Conseil fédéral avait assuré que le prix des gros navions de combat est un prix fixe).  Et puis, patatras ! le Conseil fédéral a fini par admettre publiquement ce qu'il savait déjà et que le contrôle fédéral des finances lui avait déjà confirmé qu'il n'y avait pas de "prix fixe" qui tienne et qu'on  ne pourra pas éviter de payer entre 650 millions et 1,3 milliard de plus que prévu (sauf à acheter moins d'avions que décidé, ou renoncer carrément à acheter ceux-là). En attendant sans doute qu'on nous annonce que le surcoût sera encore plus gros que celui auquel on s'est résigné. 

Alors, déjà que le choix du F-35 est entaché de fortes suspicions de manipulations dans l'évaluation des différents appareils et avionneurs en concurrence, qu'il ne garantit pas l'"interopérabilité" de nos avions de combat avec ceux de nos voisins (la France a choisi son propre avion, le "Rafale", l'Autriche a choisi l'"Eurofighter"...) et que son avance technologique est sans pertinence pour la défense de l'espace aérien suisse, fort congru,  apprendre qu'il pourrait coûter jusqu'à 25 % de plus que ce qui a été voté par le parlement, devrait précisément convaincre de renoncer à cet achat. Mais le Conseil fédéral ne veut pas y renoncer. Il préférerait acheter moins d'avions (mais toujours des F-35...) ou demander un crédit complémentaire au parlement.

Le Conseil fédéral n'a pas été plus brillant dans le dossier des F-35 et de leur surcoût qu'il l'a été dans le dossier des taxes douanières de Trump. En fait, il a même été encore plus lamentable (et il fallait le faire) : il s'écrase devant les Américains parce que  la raison du plus fort est toujours la meilleure, que le plus fort c'est l'avionneur américain -et que derrière lui il y a le gouvernement américain et que le gouvernement américain, il est plus fort que le gouvernement suisse, l'un "des plus faibles d'Europe" assène le politologue Adrian Vatter. S'écraser, c'est un métier : le Conseiller fédéral Martin Pfister, ministre de la Défense, se déclare prêt à signer de nouveaux contrats avec les Américains. En leur disant merci, bravo, vous êtes grands, vous êtes forts, vous êtes les meilleurs. On croirait entendre Infantino. Ou Vance. Ou Millei. 

Y'a pas à dire, on est bien gouvernés. Par Trump.

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