Brèves Troubles

 Elles étaient grandes et belles, les obsèques de Jean Ziegler, ou plutôt l'hommage que nous lui avons rendu au Temple de Saint-Pierre. Il était plein, le temple, qui fut une cathédrale. Plein de représentants des autorités politi-ques, des représentants de mouve-ments de luttes nationales et socia-les, d'organisations internationales, de personnalités, de militantes et de militants. On a aimé, et souvent applaudi, les interventions de Christina Kitsos, de Micheline Calmy-Rey, de Carlo Sommaruga, de Jean-Luc Mélenchon. Et les chants de Violeta Parra et de Boris Vian. Et après trois heures d'hom-mages, on a chanté l'Internationale, poing levé, dans un lieu où ce chant n'a pas dû souvent résonner, mais où il a bien résonné, accompagné  par les grandes orgues, encore frémissantes du «A Toi la gloire» de Haendel. Il se murmure même que le culte du dimanche à Saint-Pierre sera désormais ouvert par le «Gracias a la Vida» de Violeta, et clos par l'Internationale, chantée par l'assistance et tuyautée par l'organiste. Après la cérémonie en son hommage, on a accompagné Jean au cimetière des Rois, où il reposera pas loin d'André Chavanne, de Léon Nicole, de Grisélidis Réal, et même de Calvin. Merci à la Ville de Genève de l'y avoir accueilli. 

«Qui a pris la décision de retenir plus de 200 personnes durant plusieurs heures toute la nuit» (encore heureux qu'elles soient courtes en juin, les nuits) au parc Mon-Repos après la manif', se demande «Le Courrier». Réponse : «ce serait la police elle-même, par le biais du chef d'engagement. Les modalités de ces contrôles ont été soumises au procureur général qui les a validées». Ah ben c'est vrai qu'il nous manquait, Jornot, dans cette version contemporaine de la Pêche Miraculeuse de Witz...

La grande manif de dimanche était ouverte, en tête de cortège, par la Grève Féministe (puisqu'on était le 14 juin), qui s'est retrouvée à la fin dans une grande nasse tissée par des forces de police largement mascu-lines et masculinistes. L'ordre règne, quoi. D'ailleurs,  pour la police, le bilan de la journée de dimanche et de la nuit suivante a été «positif». Elle n'a pas osé le célèbre «globalement positif» du regretté George Marchais, mais on n'en était pas loin. Et la police n'est pas loin non plus de pouvoir tenir un stand au marché aux puces : elle annoncé avoir saisi des couteaux, des haches, des bonbonnes de gaz, des matraques télescopiques, des boules de pétanque, des fumigènes, des feux d'artifice, des pétards, des masques, des cagoules, des bâches, des vête-ments. Et des ratons-laveurs ? Ben non, pas de ratons-laveurs. A moins que, masqués dans un black bloc...

Bonne nouvelle : le Servette FC, équipe résidente du Stade de Genève (le stade de la Praille, pour les intimes) a décidé de réduire de moitié (de 30'000 à 15'000 places) sa capacité pour les matches qu'y joue l'équipe, pour donner l'impression d'une enceinte plus pleine et éviter de laisser voir un stade à la fréquentation clairsemée.  Et puis, ça fait moins de surfaces à nettoyer et à sécuriser. Bon, de toute façon, elle ne les remplissait pas, les 30'000 places, et ça ne concerne que les matches de l'équipe, mais c'est un bon début, quand même. Allez, encore un effort: renoncez aux 15'000 places restantes, et on pourra fermer ce machin qui, après tout, n'est qu'un gros centre commercial déguisé en terrain de foot.

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