Fonds de tiroir

 Comme on le sait, la plupart des douanes entre Genève et la France étaient fermées jusqu'au 18 juin (celles entre Genève et Vaud ont été supprimées en 1815...) à cause du G7 (et de la manif contre), mais le personnel frontalier essentiel des services et infrastructures «criti-ques» (hôpitaux, services d'urgence, secours) pouvait passer plus faci-lement que les autres pendulaires par les douanes ouvertes en permanence ou pendant des périodes réduites. Comment ça? y'aurait du personnel frontalier essentiel aux services  «critiques» genevois ? Ben dis donc, on nous en dira tant...

La loi genevoise sur les piscines prend l'eau (on ne pouvait ne pas la faire, celle-là): cette loi cantonale sur des installations municipales, qui y interdit les tenues de bains couvran-tes, est attaquée par cinq villes genevoises : Genève, Vernier, Meyrin, Carouge et Lancy, qui dénoncent une mesure incompatible avec les objectifs de santé publique que les collectivités doivent promouvoir. En interdisant sans discrimination toutes les tenues couvrantes, la loi interdit en effet de facto les tenues anti UV protégeant des effets du soleil, et prévenant donc les cancers de la peau qui frappent 18'000 personnes chaque année. En déposant recours, les cinq villes réaffirment leur volonté de continuer à autoriser les vêtements anti UV dans leurs piscines et de ne pas chan-ger de pratique tant que leurs recours n'auront pas été traités. Elles rappellent en outre que la gestion des piscines publiques, à Genève, est une compétence municipale, ce que le Conseil d'Etat, opposé à la loi proposée par la droite et l'extrême-droite, avait également rappelé -en ajoutant que la loi viole en outre la liberté individuelle. Le Conseil d'Etat avait lui-même proposé un amendement à la loi demandant, pour les maillots anti-UV, une exception à l'interdiction des maillots couvrants, proposition refusée par la droite, qui a fini par s'apercevoir de la stupidité de sa loi et tente de faire croire qu'un article y permet de faire des exceptions à son interdiction générale -sauf que cette article n'évoque pas des exceptions, mais des «dispositions complémentaires», aut-rement dit une extension de l'interdiction.  Aux recours des villes s'ajoute un recours de la Coordi-nation pour des baignades inclusives, et le rappel par la Société suisse de dermatologie et de vénérologie, la Ligue suisse contre le cancer et le groupe des dermatologues genevois, de l'importance des vêtements spéciaux antiUV pour la protection de la peau. On devrait pas aussi rappeler l'im-portance des recours contre les lois idiotes pour la protection de la crédi-bilité des parlements qui les adoptent? 

L’initiative UDC dite des «10 millions» réclamait un frein à la croissance démographique, par un frein à l'immigration. Pourtant, c’est dans les régions les moins densifiées, les moins peuplées, où la population immigrée est la plus faible, qu’elle a rencontré le plus de soutien... Faut croire qu'ils se sentent encore trop nombreux chez eux, les rupestres -mais pas de problème: le vieillissement de la population aidant, ils seront de moins en moins nombreux. On attend l'initiative cantonale «pas d'Appenzell à 10'000». 

L'Asloca, les forcxes politiques et sociales qui soutiennent son initiative sur les loyers, ont déposé hier plus de 140'000 signatures en faveur de ce texte, qui veut inscrire dans la constitution le principe du loyer basé sur les coûts -un principe déjà inscrit dans la loi. On votera donc sur cette proposition. Et on sait déjà que les milieux immobiliers vont tout faire pour empêcher l'adoption de l'initia-tive. On les entend déjà clamer qu'elle va «trop loin». Ce serait donc aller trop loin que demander d'inscrire dans la constitution  un principe déjà inscrit dans la loi. L'initiative ne demande qu'une chose: que les groupes immobiliers respectent la loi. Ce serait donc, à en croire les milieux immobiliers, aller «trop loin» qu'exi-ger que les loyers ne puissent être fixés de manière arbitraire, qu'on applique enfin le principe du loyer basé sur les coûts, qu'un loyer ne puisse  dépasser les coûts d’un bien immobilier, rende-ment maximal autorisé compris? Que l'on contrôle le respect de cette loi ? 


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