Fonds de tiroir

 On l'avait suggéré, des camarades l'ont fait : Une flottille symbolique de 25 bateaux à bord desquels une centaine de personnes avaient pris place s'est réunie face à Evian pour contester le G7, rappeler le massacre de Gaza et dénoncer la complicité des potentats avec ce massacre et le «silence de la Suisse face au génocide en cours à Gaza» et son rôle dans la sécurisation d’un sommet qui mobi-lise garde-frontières, polices, armée, espace aérien et lacustre «au service d’intérêts qui ne sont pas ceux des peuples». On regrette que la flotille lémanique n'ait pas pris le lac pour évacuer les manifestants anti-G7 pris dans la nasse policière du parc Mon- Repos  le 14 juin

Dans le canton de Vaud (si beau), on a voté à la vaudoise, le 14 juin sur le salaire minimum. Le peuple a accepté d'en inscrire le principe dans la constitution, mais a refusé d'assez peu les deux projets de loi qui le concrétisaient, l'un, issu des syndi-cats et de la gauche, le concrétisant  complètement, l'autre, issu de la droite comme contre-projet au premier, faisant primer les conven-tions collectives sur le salaire légal, et obérant celui-ci de toute une série d'exceptions. L'adoption de la norme constitutionnelle a été saluée par le comité unitaire de la gauche et des syndicats comme une «victoire symbolique». Elle l'est, en effet: le président du comité unitaire de la droite et du patronat résume : «le fait que le salaire minimum soit inscrit dans la constitution n'est pas un problème», puisqu'une norme constitutionnelle est sans effet sans une loi d'application. L'enjeu politique, désormais, ça va être cette loi, sur laquelle droite et gauche vont s'affronter Bref, le salaire minimum dans la Constitution cantonale vaudoise, c'est comme Dieu dans la Constitution fédérale, ça mange pas de pain.

Aux Grisons, qui ont refusé de peu (51,5 %) l'initiative xénophobe de l'UDC contre une Suisse à dix millions d'habitants, l'UDC a, pour se consoler, réussi à revenir au gouvernement, en piquant un siège au Centre, et est devenue le premier parti du parle-ment, où en même temps les Verts ont réussi à faire leur entrée. Et là, c'était peut-être pour les consoler de l'accep-tation de la réduction des possibilités de faire un service civil  plutôt qu'un service militaire. Beautés des menus à la carte de la démocratie semi-directe.

Le Tessin, qui a accepté (de justesse) l'initiative xénophobe de l'UDC, a refusé massivement d'instituer une initiative dentaire cantonale obligatoire couvrant les frais dentaires de base, et financée par des cotisations des employeurs et des salariés, et une contribution cantonale. Bref, la proposition a été refusée. Quand ils ont mal aux dents, les Tessinois ne se soignent pas, ils dénoncent les caries frontalières ?

A Zurich, le peuple a refusé deux initiative visant à une meilleure protection des locataires contre les résiliations de bail massives et abusives, et pour la promotion de logements abordables par l'Êtat. En même temps, ils ont refusé une initiative des milieux immobiliers en faveur de la copriété foncière. L'initiative contre les résiliations de bail abusives s'inspirait des réglementations en vigueur à Genève et à Bâle. Bon, évidemment, donner Genève et Bâle en exemple aux Zurichois, c'était un peu hasardeux...

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