Fonds de tiroir

 Titre de la «Tribune de Genève» du 4 juillet: «La nomination de Simon Brandt à la tête des cafetiers inter-roge»... explications pour ceusses qui ne barboteraient pas dans le bain politique local genevois: Simon Brandt, c'est un ancien Conseiller municipal et député PLR, ancien candidat PLR au Conseil admi-nistratif de la Ville de Genève, battu après être tombé dans un traquenard policier tendu par le procureur général PLR Olivier Jornot parce qu'il était proche de Pierre Maudet, Conseiller d'Etat PLR dont Jornot voulait (politiquement) la peau. ça fait beaucoup de PLR, tout ça? Ouais, au départ. Parce qu'à l'arrivée, y'a plus que Jornot qui est encore PLR : Maudet a créé son propre parti, «Libertés et Justice sociale» (LJS), que Brandt a rejoint. Il a été désigné en avril comme directeur de l'asso-ciation patronale des cafetiers, restau-rateurs et hôteliers genevoisé. Et on s'interroge: Pourquoi nommer Brandt directeur des cafetiers et restaurateurs alors qu'il n'a aucune expérience dans la limonade et la restauration? Réponse: parce qu'il a une expérience politique. De mauvais esprits su-surrent qu'il s'agirait pour LJS de transformer l'association patronale du secteur en un allié politique, comme la Chambre genevoise im-mobilière l'est du PLR ou l'Asloca du PS. D'ailleurs, sur le site de l'asso-ciation patronale, on mettait en valeur l'entreprise d'un député LJS (un ex-socialiste) pour la fourniture de palissades aux commerçants avant la grande manif antiG7. Il se confirme donc que nommer un politicien à la tête de l'organisation patronale des bistrots, c'est parfaitement logique : comme on sait, en politique comme en bistrots, y'a à boire et à manger. 

On ne fera au moins pas le reproche aux commentateurs du match d’accès aux quarts de finale du Mondial de ballopied, match qui s'est terminé par un piètre zéro à zéro avant d'ouvrir la loterie des tirs au but et de voir l'équipe de Suisse y gagner le droit de se faire battre au match suivant, d'avoir lésiné sur le pathos et le dithyrambe. Pour nous en tenir à la «Tribune de Genève» (mais les clairons  des autres media helvétiques ne claironnaient pas moins), on a eu droit à «La Nati a transformé notre Suisse à jamais» (gageons plutôt qu'à la rentrée, on la retrouvera dans le même état qu'avant) et «que cette nuit de foot en Suisse, on va s'en souvenir toute notre vie» (nous, on l'aura oubliée sitôt ce commentaire placé dans nos brèves de comptoir). Le samedi d'avant le match qui a vu l'élimination de la Suisse (on attendait Morgarten, ce fut Marignan), la «Tribune» publiait les cinq conseils de la doctoresse Virginie Bayon «pour survivre au match», qui commençait à trois heures du matin (heure suisse): privilégier une courte nuit ou une nuit blanche ? une courte nuit, répond la somnologue, fallait se coucher tôt le samedi soir, et  dormir au moins deux cycles complets de sommeil (une heure et demie à deux heures par cycle). Pendant le match, une microsieste pendant la pause de la mi-temps. Et pas d'alcool devant la TV. Et dodo après la fin du match. Même pas une petite bourrée de gueule dans une fan zone ? Même pas...
Bon, nous, on n'a évidemment pas regardé le match, ni d'ailleurs aucun autre, et on a fait comme d'hab', on s'est pieuté à huit heures du mat, bercé par les derniers cris de douleurs des supporters helvètes. Ouais, on est un mauvais Suisse. On a même trouvé marrants les commentaires d'après le dernier match, perdu contre l'Argentine (ou, dans la presse française, ceux sur le match perdu par l'équipe de France, présentée comme favorite, face à l'Espagne). Pour en rester aux Suisses et à la «Tribune de Genève», on a donc eu droit à «La Nati a fait vibrer toute la Suisse avant de nous briser le coeur» (le cerveau, c'était déjà fait).  Inutile de dire (qu'on a pas vibré et que notre coeur est entier... et notre cerveau aussi...

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