Brèves de comptoir
Le président du Conseil d'Etat valaisan, Christophe Darbellay, a annoncé que le «Constellation», le bar de Crans-Montana où 41 personnes ont péri dans un incendie la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, sera converti en un lieu dédié à la jeunesse. On voudrait pas être cyniques, mais «dédié à la jeunesse», il l'était déjà quand il était un bar, et les 41 victimes de sont incendie étaient jeunes. Souvent très jeunes: la moitié d'entre elles étaient mineures (huit avaient moins de seize ans, deux avaient quatorze ans, douze moins de dix-huit ans), alors quer pour les moins de seize ans, en Valais, il n'est même pas possible de fréquenter un bar. Sauf de toute évidence pour y mourir.
Les Finances publiques françaises ont reconnu, le 14 août, avoir été victimes d'un piratage de données de 678 contribuables (individus et entreprises), dont les documents fiscaux ont été mis en ligne par des cyberattaquants. Et ça a suscité un débat un tantinet parano. Sauf que personne ne s'est posé la bonne question : le meilleur moyen de ne pas avoir à faire face à des violations du secret fiscal, ça serait pas, comme en Finlande, chaque 1er novembre, de rendre consultable par tout un.e chacun.e les revenus imposables de tout conrtribuable, ou de rendre nous-mêmes accessibles les données fiscales qui nous concernent ? Après tout, quand on est à poil, on n'a plus peur d'être déshabillé...
A Genève, dès la rentrée 2027, on enseignera moins le français (et les sciences humaines) dans les collèges, pour faire place à l'enseignement de l'informatique et de l'économie comme disciplines «fondamentales», comme l'impose depuis 2023 l'or-donnance du Conseil fédéral sur la reconnaissance des certificats de maturité. Le Département genevois de l'Instruction publique, qui ne voulait pas alourdir les programmes des collégiens, a donc décidé de réduire les heures d'enseignement de certaines disciplines, à commencer par le français, qui perd une heure et demie d'enseignement par semaine -perte à laquelle s'ajoutera, si le Grand Conseil l'accepte, une mesure d'«économie budgétaire» consistant à supprimer l'heure de décharge dont les enseignant.e.s de français bénéficiaient pour gérer la charge des corrections, et assurer un suivi personnalisé des élèves. Cerise (amère) sur la gâteau (rassis) : le nombre de classes attribuées pour un plein poste d'enseignement passerait de quatre à cinq ou six, soit une hausse possible de 50 % du nombre d'élèves par enseignant. Donc, on résume: à Genève, république fran-cophone mais dont la population vient de partout dans le monde, où le nombre d'élèves allophones est en augmentation continue dans les collèges et où même chez les élèves francophones le vocabulaire s'ap-pauvrit et se réduit la capacité des élèves de compréhension et d’inter-prétation d'un texte dans leur propre langue, au lieu de renforcer l'enseignement du français on va le réduire. Il est vrai que c'est dans l'air du temps : savoir lire et écrire, ça sert à quoi ? et le français, c'est quasiment une langue moribonde, non ? Après tout, il suffit de connaître les 300 mots du globish trumpien, et si on a besoin d'autre chose, l'intelligence artificielle le fournira. Et peu importe qu'on comprenne ou pas ce qu'elle produira, suffira de le recopier et de l'ânonner. Comme le Cé qué l'aîno.


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