Fonds de tiroir
La Conseillère d'Etat vaudoise «centriste» (mais élue par la droite) Valérie Dittli a démissionné. Pas du Conseil d'Etat, mais du Centre. Et a créé un nouveau parti pour la soutenir lors des prochaines élections cantonales. Un parti de droite, le «mouvement libéral», qui va dra-guer l'électorat de droite. Paraît que ça «secoue le paysage politique vaudois». Ah bon. Faut dire qu'elle avait perdu le soutien des autres partis de droite après des mois de polémiques diverses et variées, et d'enquêtes, sur ses pratiques et ses compétences, et qu'elle venait en plus de perdre le soutien de son propre parti -un tout petit parti, dans le canton de Vaud, même pas représenté au Grand Conseil. Et que donc, pour le camp politique qui l'avait propulsée au gouvernement (l'UDC, le PLR, le Centre), sa tentative de cavalière seule suscite plutôt le soulagement que l'inquié-tude, et que pas grand monde ne lui accorde de chances d'être réélue sous une autre étiquette. D'ailleurs, elle non plus n'y croit pas vraiment, sinon elle aurait démissionné du Conseil d'Etat pour provoquer une élection partielle et s'y présenter, quitte à la perdre, mais dans un combat singulier. Eh ouais, n'est pas Maudet qui veut...
Pourquoi n'y a-t-til pas de contre-projet à l'initiative socialiste pour la gratuité de la contraception, alors que la commission de la santé du Grand Conseil en proposait un ? Parce que les députés et les députées se sont gourrés de vote : celles et ceux qui refusaient l'initiative ont cru voter sur elle alors qu'ils et elles étaient appelés à voter sur le contre-projet. Et ils et elles ont donc voté «non» au lieu de voter «oui». Ben ouais, quand, comme la gauche au parlement genevois, on n'est pas majoritaires, on peut parfois compter sur la malcompre-nance de la droite pour gagner un vote. D'accord, c'est pas glorieux, mais on fait avec la droite qu'on a...
Au Conseil national, un élu PLR vaudois propose de rendre obli-gatoire certains équipements pour les cyclistes et les motocyclistes, sans que son texte précise quels équi-pements devraient être obligatoires, mais en déclarant que les cyclistes devraient porter un casque et des vêtements visibles, et les moto-cyclistes des vêtements rembourrés. Et les piétons, alors ? on les laisse piétonner habillés ou déshabillés comme ils veulent? Finalement, y'aurait que les automobilistes à qui on n'imposerait pas une tenue... tout en assurant qu'on veut développer l'usage des mobilités douces. Douces, mais surtout rem-bourrées et casquées. Pour survivre aux automobilistes.
A défaut de pouvoir être maître du monde, Trump a décidé d'être maître des toponymies sur les cartes étasuniennes. Il en a la possibilité, puisque le bureau qui dénomme officiellement les noms des lieux est rattaché au Département de l'Inté-rieur. Et Trump lui a donné trente jours pour rebaptiser le lac Ontario en lac d'Amérique. Manque de pot, ce lac est binational, étasunien et canadien. Et le Canada n'a pas du tout l'intention de le débaptiser. Et le Premier ministre canadien s'est même offert le luxe de rappeler à son ignare homologue étasunien que le lac Ontario porte ce nom depuis 400 ans, bien avant que la Déclaration d'in-dépendance des USA, et que c'est un nom amérindien. Bon, le rebaptême trumpien du Lac Ontario n'est contraignant que pour les agences fédérales étasuniennes, comme celui du Golfe du Mexique, rebaptisé Golfe des Amériques par Trump. Bref, c'est un pet dans l'eau. Et un pet dans l'eau, c'est comme Trump : ça fait des bulles, qui éclatent sitôt relâchées. Mais qui puent quand même.


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