Brèves de comptoir
C'est le journal de la Migros qui nous le dit : selon le «Happy City Index» (HCI) des villes les plus agréables à vivre, Genève est la troisième ville la plus heureuse, derrière Copenhague et Helsinki. Berne est septième, Zurich onzième, Lugano vingtième. Genève, la troisième ville la plus agréable à vivre ? Ouais, à condition de ne pas demander l'avis des Genevois et voises. Parce qu'alors, si on en tenait compte, Genève ne serait pas troisième mais au minimum trentième. A moins que le plaisir de râler et de tirer la gueule soit un ingrédient du bonheur. Donc, le HCI se base sur des données objectives (genre qualité des infrastructures, conditions socio-économiques, qualifications professionnelles, accès aux universités, système de soins, espérance de vie). Comme si le bonheur (et non le confort) en dépendait. Alors, les Genevois et voises, heureux et euses ? Nan ! Mais on est heureux de pouvoir le dire. Na !
L'OCDE a publié les résultats pour 2025 de son programme international de suivi des acquis des élèves (PISA), qui mesure tous les trois ans, dans 91 pays, les performances scolaires des jeunes de 15 ans en sciences, lecture et mathématiques. En comparaison internationale, les résultats des Suisses sont supposés être bons -en fait, ils sont seulement moins mauvais que ses voisins (en particulier ceux de la France...) : 501 points en sciences contre 482 en moyenne de l'OCDE, 499 points en mathématiques contre 463, 470 en lecture contre 461. On notera que c'est en lecture que les jeunes Suisses (et la plupart de leurs congénères étrangers) sont les plus mauvais, et que la tendance à une baisse de leurs compétences en lecture est constante depuis dix ans (22 points en moins -44 points de recul en France), comme d'ailleurs en mathématiques (22 points en moins -38 en France) et en sciences, où la baisse est plus modérée. On notera aussi que la baisse est mondiale, que la proportion d'élèves qui atteignent un niveau minimal de compétences dans les trois domaines étudiés (auxquels on a ajouté un pour la première fois, la compétence numérique) est partout en réduction (de 7,9 points en Suisse, de 11,9 points en moyenne OCDE), qu'en Suisse il n'y a plus qu'un tiers des élèves qui atteignent ce triple niveau et que le risque de se retrouver dans ce tiers état incompétent est trois fois plus élevé parmi les élèves issus des milieux sociaux défavorisés que chez ceux du haut du panier -dont les compétences baissent d'ailleurs aussi. Le risque de se retrouver dans le bas du panier scolaire est aussi bien plus grand quand les élèves ne parlent pas la langue du lieu avant d'entrer à l'école -pour le dire plus simplement : quand la langue de la famille n'est pas la langue du lieu. Bon, une fois qu'on a compacté et synthétisé tout ça, on en déduit quoi ? On se congratule parce que, comme le dit le président de la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique, le Valaisan Christophe Darbellay, «nous avons l'une des vingt meilleures écoles du monde» ? Ou on se dit qu'en fait de «l'une des meilleures écoles», on n'a peut-être que l'une des «moins mauvaises» ? Qu'on n'est que des médiocres au milieu de cancres ? Et que si les chtis nenfants lisent de plus en plus mal, ça serait pas parce que leurs parents lisent de moins en moins ? On devrait leur demander, aux parents des enfants faibles en lecture, de quand date leur dernière lecture d'un vrai livre, et pas seulement un mode d'emploi téléchargé sur leur smartphone?
En juillet dernier, dans le Gros-de-Vaud (si beau), le groupe «iden-titaire» (autrement dit raciste) «Résistance Helvétique» (on suppose qu'il ne fait pas référence à la révolutionnaire République Helvé-tique) a tenu une conférence à Saint-Cierges, laquelle étaient invitées quelques personnes valant le détour, dont trois Français: le négationniste Vincent Reynouard, condamné pour contestation de crime contre l'humanité, le franquiste Henri de Fersan, le directeur de l'hebdo d'extrême-droite «Rivarol», condam-né pour provocation à la haine (contre les juifs). Où l'on voit que l'agriculture vaudoise se renouvelle : dans le Gros-de-Vaud (si beau), on élevait déjà des vaches, des cochons, des lapins, des poulets, mais des blaireaux, c'est nouveau


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