Brèves de comptoir

 Comme on sait, la RTS (radiotélé publique romande) s'est installée sur un nouveau site, le campus d'Ecublens (la télé est en train de faire migrer  une bonne partie de ses équipes installées dans sa tour de Genève, dont celle des actualités). Et ça se passe pas bien. Plus de 200 membres de la rédaction de l'actu-alité, des équipes techniques, des collaborateurs externes ont écrit à la direction de la RTS et de la Société suisse de radiodiffusion(SSR) pour dénoncer leurs conditions de travail et les difficultés de le faire: installa-tions technique déficientes, bugs à répétition, effets des licenciements et des réorganisations en cours : «nous ne remplissons plus pleinement notre rôle de media de service public». En septembre, la RTS a annoncé la suppression de 30 postes, dont douze licenciements, pour 2027. Sans compter les collabora-teurs externes «remerciés» et les départs de celles et ceux qui ne veulent pas travailler à Ecublens. Mais qui a envie de travailler à Ecublens, hein ? Les signataires de la lettre à la RTS et à la RTS, qui est aussi une pétition, demandent un moratoire sur la fusion des rédactions radio et télé, le report du lancement de nouveaux formats numériques, et préviennent que sans réponse d'ici au 1er novembre, ils demanderont à «un organisme externe de santé au travail» d'in-tervenir. On craint que les direc-tions de la RTS et de la SSR fassent appel à l'IA pour donner réponse aux demandes de leurs collabo-rateurs. Et se contentent de noyer le poisson. Et surtout, ne remettent pas en cause les décisions de faire déménager la radio et une bonne partie de la télé dans un trou du cul banlieusard. Elles étaient pas bien, la radio à La Sallaz et la télé à la Jonction ? 

Une question existentielle rôde dans les couloirs du parlement fédéral et les cafétérias des media: «qui succédera à Guy Parmelin au Conseil fédéral» : une femme, un.e romand.e, un.e candidat.e labellisé.e asilophobe ? Ou quelqu'un qui cumule les trois profils, genre «femme romande xénophobe» ? Ou un.e zurichois.e ? On halète devant un tel suspense. La seule chose qu'on sait, c'est qu'il ou elle sera UDC. Parce que personne ne conteste le deuxième siège UDC. Hélas. Une femme a annoncé qu'elle ne présentait pas sa candidature, la Conseillère aux thurgovienne Etats Esther Friedli. Une autre a annoncé sa candidature, la Conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz. Bien d'autres disent qu'ils et elles «réflechissent». C'est toujours bien de réfléchir. Surtout à l'UDC. Donc, on résume : Depuis 1848, il y a toujours eu au moins un Romand au Conseil fédéral, puis le plus souvent deux, avec des deux une Romande. Socialiste. Si Parmelin devait remplacé par un.e Alémanique, il n'y aurai plus qu'un siège romand sur sept, celui d'Elisabeth Baume-Schneider. A moins de ne plus parler de Romand.e.s mais de Latin.e.s, avec Igniazio Cassis. Deuxième critère, la féminitude: l'UDC est le seul parti gouverne-mental à n'avoir jamais été représenté au Conseil fédéral par une femme. Ce qui est assez logique, parce que c'est aussi le moins féministe -qu'il soit représenté par une femme, ça serait comme si le PS était représenté par un banquier (on sussurre que des socia-listes sont prêtes à voter pour Amaudruz parce que c'est une femme). Troisième critère: la xénophobie, sous une forme ou une autre. Que l'UDC soit xénophobe ne l'a jamais empêchée d'accéder au gouvernement fédéral, mais pour lui confier quel ministère ? celui de Justice et Police, et donc de l'asile ? On aime à avoir un doute. On est optimistes de nature. On est même prêts à croire que les élus fédéraux pourraient priver l'UDC d'un siège en élisant un.e non UDC à la succession d'un UDC. On vous a déjà  dit que notre candidate à nous, c'était Valérie Dittli, et on vous le redit. Oualà. 

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