Brèves de comptoir
La droite genevoise n'aime pas les mendiants -elle avait réussi à faire voter par le Grand Conseil une loi interdisant la mendicité, mais la Cour Européenne des droits de l'Homme l'avait poubellisée. La droite genevoise n'aime pas qu'on voie les mendiants -elle avait ensuite réussi faire voter une nouvelle loi, qui n'interdisait plus la mendicité mais interdisait aux mendiants de la pratiquer à peu près partout où quelques passants pourraient laisser tomber quelques pièces dans une sébile, et là, c'est le Tribunal fédéral qui a renvoyé la copie à ses auteurs. Jusque là, c'était plutôt le PLR qui était à la manoeuvre. Cet été, le Centre s'y est mis : sa Conseillère administrative en Ville de Genève a repris le flambeau, mais cette fois, ce n'est plus la mendicité en général, ou les mendiants en général, mais tout spécialement les Rroms qu'il s'agirait de chasser de notre regards. Parce que bon, si on peut pas interdire la mendicité ou ostraciser les men-diants, on peut quand même les rendre invisibles. Enfin, il ne man-quait qu'elle, l'UDC a pris le traclet en marche, et a déposé un projet de loi ne frappant plus d'une amende les seuls mendiants, même Rroms, mais toutes celles et tous ceux, personnes ou associations qui leur auront donné un peu d'argent ou remis du matériel de campement. La prochaine étape, c'est quoi? le port d'un signe distinctif, la roue Rrom, sur les vêtements ? La dissolution de Mesemrom ?
On vous a déjà causé des résultats de la grande enquête triennale PISA sur les performances des élèves de plus de 15 ans das 91 pays, dont la Suisse, et des performances médiocres de la Suisse, justement. Médiocre parce qu'on est moins mauvais que nos voisins, mais mauvais quand même. Mais on vous a pas parlé des meilleurs... alors voilà, c'est simple, les meilleurs, en maths, ce sont les Chinois, devant les élèves de Singapour, Macao et Taïwan (les premiers Européens ce sont les Suisses, 9èmes). Et en lecture, les meilleurs sont les élèves de Singapour, devant les Chinois et les taïwanais (les premiers Européens sont les Irlandais, 7ème, les Suisses sont 19ème). Donc, en gros, les Chinois éclafent la concurrence, vu que Singapour, Macao et Taïwan sont majoritairement peuplés de Chinois, non ressortissants de la Republipop, mais Chinois quand même. Etonnez-vous après ça que quand l'Empereur Xi se rend en visite quelque part, on (Trump compris) lui fasse des courbettes.
Le 29 novembre, on votera en Suisse sur un assouplissement de la loi sur la matériel de guerre, visant à affaiblir les règles régissant ces exportations, et permettre à des armes suisses d'être exportées ou réexportées vers des pays où actuellement elles ne peuvent l'être légalement, parce que ces pays sont en guerre ou que leurs dirigeants et leurs forces armées (ou policières) commettent des violations graves et systématiques des droits humains. Cet assouplissement, et l'octroi du Conseil fédéral d'une plus grande marge de manoeuvre pour autoriser des exportations de matériel militaire, est une vielle reven-dication du lobby de l'armement, au nom de la «compétitivité» de l'industrie militaire suisse -qui se porte assez bien : 490 millions d'exportation au premier semestre de cette année, soit 37 % de plus que lors de la même période de l'année précédente. C'est pas assez ?
Selon les derniers sondages d'avant votation, l'initiative pour une alimentation sûre serait, dimanche, balayée par les votant.e.s, comme celle pour une neutralité intégrale, et dans la même proportion (à plus de deux contre un). Elle recevrait tout de même une majorité des votes verts et de presque la moitié des votes socialistes (dont le nôtre). On pourra donc continuer à bouffer n'importe quoi, mais avec la bonne conscience d'avoir voté pour mieux manger. C'est quand même bien, la démocratie semi-directe : on peut voter comme on veut en sachant que comme on sera battus, ça ne nous coûtera rien.


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