Brèves de comptoir
«Céline Amaudruz sera-t-elle soutenue (à Genève) si elle brigue le siège de Guy Parmelin» au Conseil fédéral, s'interroge la «Tribune de Genève». Réponse : bien sûr qu'elle le sera. Par son parti cantonal (l'UDC) et son appendice local (le MCG, et son milieu économique et professionnel (Suissenégoce, les syn-dicats patronaux, sans doute aussi les banques). Du côté des partis genevois, le PLR la soutiendra, le Centre «se pro-noncera soit en faveur d'un soutien, soit ne dira rien» annonce le président de la girouette. LJS botte en touche en susurrant que «le critère de l'attache cantonale n'est pas le plus important, celui de la compétence et de la compréhension des enjeux pour Genève l'est beaucoup plus» (ben alors présentez Maudet, les gars). A gauche, les Verts sont, à ce stade, bien plus clairs que, curieusement, le PS : la présidente verte, Maryam Yunis Ebener rappelle que «nous sommes tellement opposés du spectre de l'UDC qu'il serait très compliqué pour nous de soutenir une de ses candidates». «Compliqué» ou absurde? Côté PS, on se contente de dire qu'être une candidate genevoise ne suffit pas pour qu'on la soutienne. Encore heureux. On dirait quoi si les socialistes bretons soutenaient Marine Le Pen parce qu'elle est la fille d'un breton ? Bon, en même temps on s'en fout, nous, on soutient la candidature de Valérie Dittli.
C'est un serpent de bitume: la limitation de la vitesse à 30 km/h en zone urbaine. En 2021, le Conseiller d'Etat Serge Dal Busco lançait une consultation sur l'instauration de cette limite sur plusieurs axes en ville, et en 2022, le Conseil d'Etat la proposait sur près de 300 axes, comme une règle constante dans l'hypercentre de la ville et de petites rues hors de ce périmètre, et la nuit sur quelques grands axes traversant la Ville. Le lobby bagnolard (TCS, Association des transports routiers) hurle, le PLR, l'UDC et le MCG s'en font les porte-valises politiques, les recours pleuvent. Héritant du dossier, Pierre Maudet arrache un accord entre les camps en présence : il rétablit le 50 km/h de jour comme de nuit sur certains axes (dont les quais ou la rue de Lausanne). Les recours sont levés, sauf celui d'un policier solitaire. Qui gagne au Tribunal administratif, puis perd en Chambre administrative, puis gagne au Tribunal fédéral. En février 2026, la majorité de droite du Grand conseil genevois adopte une loi imposant le 50 km/h maximum sur les axes structurants, y compris ceux où la vitesse limitée était, ou pouvait être, à 30 km/h. Contre cette décision, une large coalition d’associations environ-nementales, d’habitant.e.s et de partis de gauche a lancé et fait aboutir un référendum. On s'apprêtait donc à devoir voter sur (et contre) la loi bagnolarde. Ben, finalement, on aura pas besoin, vu que vendredi dernier, une majorité d'une voix au Grand conseil a abrogé la loi contre laquelle le référendum avait été lancé, ce qui rend le référendum caduc. La loi ne sera donc finalement pas soumise au vote, et on revient au compromis de 2024, élargissant le périmètre de la limi-tation à 30 km/h, mais maintenant la limitation à 50 km/h sur des axes où elle avait été abaissée. Ce que le référendum voulait, l'abrogation de la loi anti 30 km/h, a été acquis par un vote du même parlement qui avait voté la loi. On se marre, et on se félicite. Parce qu'un référendum victo-rieux avant même que d'avoir été soumis au peuple, ça se salue bien bas. Ne serait-ce qu'au nom du droit à la paresse militante et de l’économie d'énergie politique en campagne.


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