Fonds de tiroir
La lecture du Gorafi (édition papier, on y tient...) est toujours un bon moment. Par exemple, dans le numéro d'octobre, on lit qu'«un chasseur abat accidentellement un chevreuil alors qu'il visait son fils». Il explique, le chasseur, qu'«ils avaient la même couleur de pelage», et qu'il est «ef-fondré à l'idée d'avoir abattu un animal innocent qui avait pro-bablement une famille». Et un gendarme note que quatre jours avant, un autre chasseur avait abattu un sanglier «en croyant apercevoir un cueilleur de champignons». Et le 4 octobre, en Isère, un chasseur a réellement abattu un cochon do-mestique en le prenant pour un écolo... non, pardon, pour un sanglier... Du coup, la Fédération nationale des chasseurs a rappelé les règles à respecter quand on chasse: «chasser de préférence la nuit, par temps brumeux ou en zone peu éclairée, ne jamais porter de lunettes de vue et éviter de partir en forêt avec une alcoolémie inférieure à 1,2 grammes». Et cette règle d'or : «tirer d'abord, réfléchir ensuite». On se marre. Jaune, mais on se marre. ça tombe bien, c'est le but du Gorafi.
La semaine des Nobel, c'est pas la semaine de Trump. Déjà que c'est une poétesse canadienne, Anne Carson, qui a reçu le Nobel de littérature, et que Trump déteste le Canada qui l'empêche de proclamer que les USA sont l'Amérique du Nord à eux tous seuls, c'est une juriste sud-africaine, Navi Pillay, qui a reçu celui de la Paix, convoité par Trump qui va devoir continuer à se contenter de l'ersatz que lui a fourgué le servile président de la FIFA, l'Infant Tino. Navi Pillay, elle a tout pour déplaire à Trump : c'est une femme «de couleur», «non blanche», sud-africaine née sous l'apartheid, qui a passé sa vie à défendre le droit international que Trump et sa clique vomissent, et qui a été juge de la Cour internationale de Justice avec qui les USA ont décidé d'interdire à qui ils peuvent toute transaction financière. Y'a pas que Trump, d'ailleurs, qui s'est étranglé en apprenant qu'elle avait été nobélisée: Netanhayou aussi, puisqu' elle présida la commission d'enquête indépendante (mais crée par l'ONU) qui a accusé Israël de commettre des actes génocidaires à Gaza. «Genèe est en fête, le Nobel à Navi Pillay», titre «Le Temps» de samedi. Ouais. Et si ça fait couiner Trump et Natanyahou, la fête genevoise est encore plus belle.
Titre du «Temps», pour un publi-reportage «soutenu financièrement par un partenaire» et parraîné par «immobilier.ch» -un medium des mi-lieux immobiliers: «Crans-Montana attire les investissements». Sous-titre : «Pas moins de huit projets d'un montant total de 675 millions de francs se déroulent en parallèle» et vont «permettre de redynamiser l'offre», avec la création de plus de 300 chambres». Opération «la plus emblématique», comme dit le publi-reportage, celle du «Village Royal» d'Aminona: deux hôtels, un appart-hôtel, seize chalets, 332 chambre au total, et une nouvelle remontée mécanique. Horizon de l'ouverture de tout ça : 2030. Le temps que les odeurs de brûlé se soient totalement dissipées et que l'enquête sur les responsabilité du dramatique incendie du «Constellation» du réveillon 2025-2026 ait rendu ses conclusions. Business as usual.
«Les trois femmes favorites pour le Conseil fédéral se laissent désirer», titrait la «Tribune de Genève» de samedi. Des trois, l'une, Esther Friedli, a décidé de se retirer de la course. Restent Natalie Rickli et Céline Amaudruz. Qui avant même d'avoir décidé d'être candidate ou non est déjà attaquée dans les media et les couloirs du parlement. On rappelle off ze ricorde qu'en 2016, contrôlée à la police parce qu'elle conduisait complè-tement bourrée, elle avait appelé au secours le Conseiller fédéral Guy Parmelin, et qu'elle n'est peut-être pas «stable». Le medium économique «Inside Paradeplatz» suggère quant à lui qu'elle serait sous la coupe du milieu bancaire Quant à la dernière des trois, Esther Friedli, elle est encore épargnée par les attaques. Parce qu'elle «n’énerve personne». Acratopège, quoi, et donc bien partie pour figurer sur un ticket homme-femme alémaniques. Oualà ousqu'on en est de ce soap opera. Auquel manque quand même un personnage, la candidate que nous soutenons, la meilleure, l'incontour-nable:Valérie Dittli.


Commentaires
Enregistrer un commentaire